Premier sommet EU-USA pour Joe Biden : un tournant dans les relations économiques internationales ?

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© AFP or licensors

Le président américain Joe Biden rencontre ce mardi les autorités belges et européennes et il y a plusieurs dossiers économiques importants sur la table, et surtout un fameux changement de ton, de posture par rapport au prédécesseur, Donald Trump. Les rencontres du jour vont marquer un tournant dans les relations économiques internationales.

Cette visite de Joe Biden matérialise le retour des relations transatlantiques, le retour du multilatéralisme. Là où Donald Trump avait privilégié les États-Unis — on se rappelle " America First " — et là où il avait déclaré la guerre commerciale à l’Europe, Joe Biden, lui,  est là pour restaurer les relations avec les Européens. Un changement profond de posture, donc, effectivement.

Et pour Vincent Juvyns, analyste de la banque JPMorgan qui observe de près le commerce international, il y a en fait des intérêts des deux côtés à ce réchauffement des relations : "Sur le plan économique, c’est clairement de montrer que les États-Unis sont un partenaire de l’Europe, entendent le rester à terme et entendent ne pas être dans la confrontation commerciale comme le président Donald Trump l’avait laissé supposer un temps. Joe Biden envisage notamment prochainement le lancement d’un grand plan de relance aux États-Unis dans ce contexte-là, et il aura notamment besoin des entreprises européennes qui sont des leaders en la matière. Et pour l’Europe, qui est une économie particulièrement ouverte à la fois économiquement de par ses exportations et proche de problèmes géopolitiques, c’est évidemment important d’avoir un partenaire américain sur lequel on peut compter et avec lequel on ne se dispute pas, comme maintenant".

 

Impôts des sociétés

Les relations économiques internationales devraient se stabiliser et ne plus s’envenimer, ce qui serait déjà nouveau en soi. Plus de menaces de sanctions commerciales et de sanctions douanières. Concrètement, un dossier qui va avancer, et qui avance déjà d’ailleurs, c’est l’impôt des sociétés harmonisé au niveau international. Il y a eu un premier grand pas vers un accord dans ce dossier-là au G7, le week-end dernier. Et surtout, le gros enjeu de cette tournée européenne de Joe Biden, pour Serge Jaumain, le responsable du Centre d’études des Amériques à l’ULB, c’est la reconfiguration des relations commerciales avec la Chine. Là, clairement, Joe Biden vient chercher le soutien de ses alliés européens, explique-t-il : "Sur le plan économique, la Chine est devenue le concurrent numéro un pour les États-Unis, et donc, pour être en mesure de lutter économiquement par rapport à la Chine, il a besoin du soutien des Européens et on peut penser que cela sera certainement l’une des avancées majeures de ces rencontres. C’est un moment très important dans l’évolution des relations transatlantiques"

Souveraineté économique et commerciale

Depuis la pandémie l’Europe veut aussi regagner en souveraineté économique et commerciale et redéployer des filières industrielles chez nous, pour précisément moins dépendre des États-Unis ou de la Chine. Et un autre élément est que, de notre côté de l’Atlantique aussi, le mandat de Donald Trump a laissé des traces. Pour Serge Jaumain, chat échaudé craint l’eau froide : "Les Européens se sont rendu compte qu’ils étaient toujours à la merci d’un changement de majorité aux États-Unis. Donc, de ce point de vue là, les Européens ont appris qu’il fallait se défendre eux-mêmes et que rien n’est acquis".

Les Allemands et les Européens en général se réjouissent de voir les États-Unis revenir dans le jeu, mais entendent bien garder leur indépendance et leurs clients.

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