Premier opérateur mobile coopératif de Belgique, Neibo vise une "reprise en main de l'économie"

Neibo est lancée officiellement ce 27 octobre. La première coopérative belge de téléphonie mobile a l’ambition de devenir un opérateur citoyen, durable et transparent. Neibo n'est pas encore lancée sur le marché, ce sera - si tout va bien pour eux - courant 2019. Concrètement, qu’est-ce que ça va changer par rapport à un opérateur privé ?

Pour Martin François, l'un des six cofondateurs, l’idée c’est de construire "un nouveau modèle économique, dans lequel les citoyens ont leur mot à dire et dans lequel les bénéficies sont redistribués au bénéfice de la société. On voit beaucoup d’alternatives économiques dans l’agriculture, la mobilité,…rien dans les télécommunications jusqu’ à présent".

Une reprise en main sans les infrastructures?

Neibo sera ce qu'on appelle un opérateur virtuel, comme il en existe d'autres, qui louent le réseau aux trois opérateurs physiques belges (Telenet/Base, Orange, Proximus). L'ambition de Neibo, d'offrir une sorte de "reprise en main d'un secteur" par le citoyen, de vouloir rapprocher les coopérateurs des télécommunications, a-t-elle du sens, sans avoir la maîtrise sur les infrastructures ou les investissements dans le réseau ? "Avec Neibo, on fait déjà un grand pas en avant dans la maîtrise d’une partie de la chaîne", réagit Martin François, "effectivement pas toute la chaîne. Mais pourquoi ne pas rêver d’intégrer à l’avenir de plus en plus de métiers ? Et ça s’est vu, en dix, quinze ans, Telenet, qui était un opérateur virtuel est devenu un opérateur physique".

L’idée de Neibo c’est de capter une partie de la marge que se font les grands opérateurs

Même offre, même prix... autre finalité

En Espagne, l'arrivée sur le marché en 2014 d'un opérateur coopératif n'a pas particulièrement convaincu. L'ambition de Som Connexió était de déployer une infrastructure de télécommunication - comme la fibre optique - en propriété collective. Mais aujourd'hui, le projet en tant que tel est en suspens et Som Connexió fournit des services ADSL et fibre optique grâce à plusieurs accords passés avec des opérateurs classiques : Vodafone, Orange et la société espagnole Masmóvil. Pour Neibo, la politique et l'ambition des petit pas est sans doute un choix plus sûr.

Objectif 150.000 euros

D'autant que l'offre de cet opérateur "citoyen" ne vise donc pas à se différencier d'un opérateur classique. "Notre promesse c’est de dire qu’on proposera le même service pour des tarifs similaires. En termes de réseau, de couverture, de data, d’appels à l’étranger… nous serons alignés sur les prix du marché, des grands opérateurs comme Telenet et Orange. Donc on propose le même service avec une autre finalité : l’idée de Neibo c’est de capter une partie de la marge que se font les grands opérateurs. Et de la redistribuer en partie à nos coopérateurs, et en partie pour des projets durables et locaux choisis par nos coopérateurs."

La rentabilité devrait être atteinte à 13.000 utilisateurs. En attendant, 650 coopérateurs ont déjà participé à la levée de fonds (qui totalise 85.000 euros à ce jour et qui en est à sa dernière ligne droite). Objectif, récolter 150.000 euros pour la fin du mois de novembre.

 

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