Pourquoi nos forfaits mobiles ne comprennent-ils pas les données en mode illimité?

Vous avez peut-être vu passer ces offres des opérateurs télécoms qui proposent des appels mobiles et SMS illimités autour de 18-20 euros par mois, avec aussi un petit volume plus ou moins limité de data. À ce prix-là, est-ce vraiment une bonne affaire pour les consommateurs?

Pour ceux qui téléphonent pendant des heures avec leur portable ou envoient des tonnes de SMS — pour nos adolescents donc — c’est tout bénéfice. L’illimité, c’est tendance, en tout cas pour les appels mobiles et les SMS. Attention tout de même par rapport aux volumes de données mobiles. Là, il y a des limites : 2 Go par mois chez Scarlet, 3 Go chez BASE et 4 Go chez Orange. Et pour les utilisateurs de plus en plus mobiles, ce volume peut être insuffisant.

Certainement pour les jeunes accros à WhatsApp, YouTube, Facebook ou encore Instagram, le forfait limité en data ne peut être caché par le forfait illimité voix/SMS.

Chez Scarlet, le porte-Parole estime que 2 Go de data correspondent à la moyenne d’utilisation de data mobile. "50% des usages Internet passent maintenant vers le smartphone. Par contre, les gens utilisent aussi le réseau Wi-Fi à la maison et au travail. Ce que nous essayons de combler est la partie utilisée en déplacement. Mais il est vrai que dans cette offre, on s’oriente plutôt vers des gens qui cherchent à appeler beaucoup, à envoyer des SMS et qui sont des utilisateurs moyens au niveau du data". 

L’utilisation des données mobiles double d’année en année

Cette situation va probablement évoluer dans les mois et les années qui viennent. Les offres des opérateurs vont évoluer parce que les comportements des consommateurs évoluent, et très vite constate, cette fois, Jean-Pascal Bouillon, le porte-parole d’Orange en Belgique. "On voit que  globalement l’utilisation des données mobiles double d’année en année. Au milieu de l’année, on était à environ 2,6 Go de consommation mensuelle de données mobiles. Si on compare par rapport à l’année passée, on a presque doublé. L’ensemble de la population est en train de s’habituer à consommer de plus en plus de données mobiles".

La crainte du 4ème opérateur?

Si les opérateurs télécoms s’affrontent sur ce terrain de l’illimité voix mobile/SMS c’est, sans doute, parce que le gouvernement fédéral envisage d’ouvrir l’accès du marché belge à un quatrième opérateur.

Officiellement, l’élément-clé serait juste la concurrence naturelle entre les opérateurs. Il est certain que cette petite guerre des prix que l'on constate doit  permettre de montrer au gouvernement fédéral que les prix baissent dans les télécoms en Belgique et qu’un quatrième opérateur n’est pas utile pour forcer une baisse des prix. Le porte-parole de Scarlet se la joue même sur le ton ‘même pas peur’. "On n’a pas peur du quatrième opérateur. D’ailleurs, on a bousculé le marché depuis qu’on existe. Je vous donne un exemple: on a lancé le tarif mobile le moins cher à huit euros, on a été les premiers un an à l’avance à supprimer les frais de roaming, un an avant tous les autres opérateurs, on a, l’an dernier, lancé le premier appel illimité en dessous de 30 euros. Cette année on lance le même type de produit — appels illimités — en dessous de 20 euros. Donc, on n’a pas attendu l’annonce du ministre sur le quatrième entrant, on est prêt. "

Il faut tout de même rappeler que Scarlet constitue l’offre low cost de Proximus dans les télécoms. Proximus, qui n’a pas du tout envie de voir débarquer un quatrième opérateur en Belgique. Il faut aussi rappeler que le gouvernement fédéral attend avec impatience une réduction des tarifs sur les données mobiles. Celles qui sont encore limitées dans les offres illimitées voix/SMS. Il faut savoir, enfin, qu’il n’y a pas que ces 3 opérateurs sur le marché. Il y a aussi les MVNO, les opérateur ‘virtuels’ alternatifs, parmi lesquels Mobile Vikings, Lycamobile, Voo, etc. 

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