Pourquoi les entreprises quittent la région bruxelloise?

C’est un véritable exode : en 2018, plus de 2800 entreprises ont quitté la Région de Bruxelles-Capitale pour s’installer en Flandre ou en Wallonie, selon Statbel. Depuis 2011, le chiffre total s’élève à près de 10.000 sociétés, rappelle 7sur7. Dernière en date : le groupe Delhaize, qui a annoncé en février 2019 son intention de quitter son siège historique de Molenbeek.

Alors pourquoi les entreprises s’enfuient-elles de la capitale ? Tout dépend évidemment de la taille de l’entreprise et du secteur d’activité, mais il y a globalement deux raisons principales : le manque d’espace et le prix du foncier très élevé, on le sait, à Bruxelles.

S'installer à quelques kilomètres de la capitale

Mais quand les entreprises partent de Bruxelles, elles ne vont en général pas très loin. "Quand on regarde les déplacements par province, on se rend compte assez rapidement qu’il s’agit surtout de déménagements de proximité, puisque c’est le Brabant flamand, le Brabant wallon et le Hainaut qui sont finalement les principaux bénéficiaires en termes de solde", explique Julien Bacq, directeur recherche et développement chez Hub Brussels.


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Delhaize, par exemple, quitte Molenbeek pour s’installer à seulement 9km de là, à Asse, en région flamande. Dans les années 1990, le fabricant de chocolat Côte d’Or avait quitté les environs de la Gare du Midi pour s’installer dans le Brabant flamand. Ce sont donc finalement des sauts de puce plus que de grands déménagements.

2100 entreprises se sont installées à Bruxelles en 2018

Quand on prend un peu de recul, on voit bien une tendance lourde : le départ progressif d’entreprises industrielles, et pas seulement les plus grandes. "C’est quelque chose qui a clairement lieu ; industriel au sens le plus large du terme, incluant les petites industries et les petites activités productives et la logistique par exemple, précise Julien Bacq. La région n’y est pas insensible, parce que c’est vrai que pour nous, il est important de pouvoir conserver un tissu mixte et généraliste, c’est ce qui fait une des forces de Bruxelles."

Mais est-ce que ça menace toute la santé économique de la Région bruxelloise ? La réponse n’est pas aussi simple. Si près de 2800 entreprises ont quitté Bruxelles en 2018, dans le même temps, 2100 entreprises flamandes ou wallonnes sont venues s’installer la même année dans la capitale, sans oublier toutes les créations de nouvelles entreprises.

Un tissu économique intéressant

Plutôt qu’une menace, Julien Bacq préfère y voir un enjeu. "Il y a un enjeu à limiter ce genre de déplacements et à conserver les entreprises qui sont ici à Bruxelles, remarque-t-il. C’est pour ça que la Région a mis sur place depuis un certain nombre d’années déjà le Conseil de coordination économique, qui rassemble sous la houlette de la ministre de l’Économie l’ensemble des administrations qui peuvent avoir un rôle pour faciliter le maintien et la pérennisation à Bruxelles d’une grande entreprise ou, au contraire, l’arrivée à Bruxelles d’un investisseur ou une grande entreprise."

Il faut rappeler qu’en dépit d’une mobilité de plus en plus aléatoire, la région de Bruxelles dispose tout de même d’un tissu économique intéressant, avec toute une série de points forts, par exemple les technologies médicales, le secteur financier, la construction durable, les médias et les industries créatives.

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