Pourquoi les consommations annoncées des autos sont toujours plus élevées?

Pourquoi les consommations annoncées des autos sont toujours plus élevées?
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Pourquoi les consommations annoncées des autos sont toujours plus élevées? - © NICHOLAS RATZENBOECK - BELGAIMAGE

Des véhicules propres et économiques : voilà un des arguments phares de constructeurs automobiles depuis quelques années. Mais les promesses de consommation moyenne faites par les fabricants sont souvent en décalage avec la réalité de l'utilisation au quotidien. Pourquoi ?

Elle consomme 7 à 7,5 litres aux cent kilomètres au lieu des 4,5 annoncés dans la brochure. Comme en avril 2012 il avait porté son choix sur la Renault Grand Scenic 110 DCi version eco en raison de sa sobriété, cet acheteur est fort marri. Et demande ni plus ni moins l'annulation de la vente.

L'affaire sera plaidée le 23 mai devant le tribunal de commerce de Malines mais semble avoir peu de chance d'aboutir en sa faveur car le site de Renault annonce que la consommation du Grand Scenic peut aller jusqu'à 7,7 litres.

Het Laatste Nieuws a donné la parole à Renault qui réplique en brandissant l'argument des files, de plus en plus fréquentes qui font évidemment grimper la consommation.

Le magazine allemand AutoBild signale que les tests menés sur la consommations des automobiles datent de 1990, qu'ils sont théoriques et qu'ils se déroulent en grande partie en laboratoire où tout est fait pour alléger le véhicule et conduire à un résultat optimal : pneus lisses et surgonflés sur rouleaux ou surface plane, pied léger pour ne pas monter dans les tours, rétros retirés.

Tout cela explique la différence croissante entre consommation annoncée et réelle sur route et dans la circulation : de 7% en 2001, elle est passée à 23 ou 25% dix ans plus tard, selon les chiffres de l'organisation européenne Transport&Environment et même à 33% selon LeasePlan Allemagne.

Les constructeurs freinent

Pour la députée européenne Kathleen Van Brempt (sp.a), cela va même jusqu'à 50% dans certains cas.

Elle souligne dans De Standaard que ce sont les constructeurs qui pendant des années se sont opposés à de nouveaux tests plus réalistes : "A présent qu'ils sont cités devant le tribunal, ils sont soudain demandeurs. Mais quand le Parlement travaille à de nouveaux règlements, ils mettent les bâtons dans les roues".

Le Parlement européen a adopté de nouvelles normes d'émission pour les véhicules en février 130 grammes de CO2 au kilomètre en 2015 et 95 grammes en 2020. Cela concerne aussi la consommation bien sûr. Mais selon Kathleen Van Brempt, les plans du Parlement étaient beaucoup plus ambitieux et prévoyaient des tests en condition de conduire réelles.

S'ils ont dû être revus à la baisse, c'est suite aux pressions des constructeurs, notamment via un Etat-membre où ils ont du poids, l'Allemagne. Le compromis a été fait sur les normes d'émissions, mais toujours pas sur les modalités des tests.

Pour les constructeurs l'enjeu est important : les consommations sont prises en compte dans la fiscalité dans certains pays, cela pourrait donc leur coûter cher.

Mais des consommateurs se rebiffent donc, comme le conducteur de la Renault Scenic. Mais il n'est pas le seul : aux Etats-Unis, un million de propriétaires de Kia et de Hyundai ont obtenu un dédommagement tant était grande la différence entre consommations annoncée et réelle. Dont coût total 400 000 dollars. Les constructeurs imputent l'erreur à une "faute de procédure" dans les tests.

On attend donc la nouvelle mouture des tests, mais pas avant 2017.

RTBF

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