Pourquoi les bourses n'en finissent-elles pas de grimper?

Un niveau exceptionnel ?

L’indice Bel 20 a gagné 11 % depuis le 1er janvier et 30 % sur cinq ans, soit des hausses plus que respectables. Mais si l’on inverse le calendrier, cela change tout ! Le 23 mai 2008, le Bel 20 culminait à 4756 points, son record absolu. Aujourd'hui, il est 31 % plus bas, soit très loin d'un sommet. N’empêche que le niveau actuel tout de même élevé compte-tenu d’une crise prolongée dont on ne voit pas la fin.

Pourquoi des hausses sans croissance ?

En théorie, le cours de bourse constitue le reflet de la performance d'une entreprise. Ses bénéfices sont-elles suffisants ? Ses perspectives sont-elles prometteuses et son marché porteur ? Jusqu'à aujourd’hui, les résultats ont été globalement bons à très bons suivant les cas.

Mais il y a deux autres explications à la grimpette des marchés : le niveau élevé des liquidités disponibles et les taux d'intérêt qui sont au plancher. Les anglo-saxons appellent cette situation " TINA ", there is no alternative ! Actuellement les marchés d'actions restent encore et toujours le premier choix pour qui veut faire fructifier son capital.

La bourse, c’est pour tout le monde ?

En aucun cas ! La bourse c’est du capital à risque sans aucune garantie, donc une solution uniquement pour ceux qui sont capables d'assumer les risques. Mais il y a des nuances. D’abord le risque n'est pas total... en principe. Si les marchés reculent, tous les cours vont baisser mais les sociétés les plus performantes traverseront la crise. Il suffit donc de faire le gros dos le temps que cela remonte.

Ensuite, il existe des produits de placement avec une couverture totale ou partielle du risque. Mais la protection coûte cher ce qui n’offre plus qu’une possibilité de rentabilité faible. Moralité : il faut être riche pour investir en bourse. La très grande majorité a donc raison de se contenter des taux presque zéro offerts actuellement sur les carnets d'épargne.

La bourse qui grimpe, c'est bon pour les entreprises ?

En principe oui car c’est une des sources de financement possible, mais la réalité est partiellement différente. Cette année, il n’y a eu que trois introductions nouvelles de moyenne importance à la bourse de Bruxelles. Par contre, il y a eu une collecte de fond assez importante des sociétés déjà cotées. Mais évidemment, vu les taux très bas, le financement via la bourse n'est pas une priorité pour les entreprises.

Le Dow Jones bat tous les records, normal ?

Bien plus qu’en Europe et il suffit de deux chiffres pour le prouver : aux Etats-Unis la croissance devrait atteindre 3,3 % cette année contre seulement 0,8 % pour la zone euro. Il n’y a pas photo d’autant que les perspectives autrement plus favorables de l’autre côté de l’Atlantique.

La hausse va-t-elle continuer?

Peut-être mais attention aux feux clignotants ! Pour les marchés européens, la zone euro ne rassure pas. D’autre part, les entreprises ont gagné de l'argent en rationalisant depuis 2008, mais la demande ne prend pas (encore ?) le relais. Gare aux résultats futurs ! Aux Etats-Unis: les indicateurs sont au vert mais attention à une remontée des taux d'intérêt qui fera rapidement concurrence aux actions. En résumé : prudence, prudence....

Michel Visart

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