Pourquoi bpost fait-elle grise mine en bourse ?

Pourquoi Bpost fait grise mine en bourse ?
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A 9h ce matin, l'action Bpost perdait plus de 10%, avec un cours inférieur à 12 euros, à la bourse de Bruxelles. L'entreprise, qui traverse une grève de cinq jours, commencée mardi soir, inquiète les marchés financiers. Une perte de confiance que nous décrypte Patrick Casselman, analyste actions chez BNP Parisbas Fortis.

bpost est un géant aux pieds d'argile. Un chiffre d'affaires qui dépasse les 3 milliards d'euros en 2017, +25% par rapport à 2016, mais dans le même temps des bénéfices qui décrochent. "Les marchés sanctionnent la publication des résultats du 3ème trimestre qui sont décevants au regard des prévisions de la direction", analyse Patrick Casselman. En cause, des coûts de fonctionnement qui plombent les résultats de l'entreprise. "bpost entend compenser le déclin du courrier par la distribution de colis, mais les frais de transport y sont plus élevés, et la concurrence accrue dans ce secteur tire les marges à la baisse". Autre caillou dans la chaussure, le rachat en 2017 de l'américain Radial, qui pour l'heure peine à être rentabilisé.

La grève pas en cause

En revanche, l'effondrement de l'action n'est visiblement pas à mettre sur le compte de la grève qui paralyse l'entreprise depuis mardi. "La grève était annoncée, la direction a intégré son impact dans ses comptes prévisionnels". En revanche, si le dialogue ne reprend pas entre les travailleurs et la direction, empêchant l'activité de redémarrer, l'impact sur la santé financière de l'entreprise pourrait se faire ressentir, "avec des clients qui iront à la concurrence".

Un 4ème trimestre décisif

Malgré un recul de 52,49% de son action depuis le 1er janvier, bpost pourrait bien être à un tournant au moment d'engager le 4ème trimestre. "Traditionnellement les fêtes de fin d'année assurent une activité importante". En décembre, l'entreprise versera par ailleurs ses dividendes, "maintenus à 1,30 euros, malgré la chute de l'action", de quoi convaincre d'éventuels investisseurs de passer commande, avec en tête cette intuition de notre analyste: "Le pire est sans doute passé".

 

 

JT 07/11/2018

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