Pour le président de la FEB, "la Belgique ne peut pas vivre avec des mesures protectionnistes"

Pour le président de la FEB, "la Belgique ne peut pas vivre avec des mesures protectionnistes"
Pour le président de la FEB, "la Belgique ne peut pas vivre avec des mesures protectionnistes" - © THIERRY ROGE - BELGA

Bernard Gilliot a repris les rênes de la FEB, Fédération des Entreprises de Belgique, depuis peu, il est l'invité sur La Prem1ère ce mercredi matin, au micro de Robin Cornet. Cet ingénieur, qui a fait une grande partie de sa carrière chez Tractebel, a évoqué les axes principaux qu'il développera lors de sa présidence, certaines mesures gouvernementales, comme le plan d'investissement et le tax-shift et a discuté de la montée du protectionnisme dans les discours politiques.

Les voitures de société, une structure appelée à évoluer

Lorsque l'on est venu lui proposer le poste de président de la FEB, Bernard Gilliot s'est dit "senti prêt à relever les différents défis de la Belgique. Ma priorité, c'est d’avoir une sérénité sociale, pour attirer les investisseurs, garantir la paix sociale et l’emploi." Et de déclarer vouloir développer sa présidence autour de quatre axes : la mobilité, la transition énergétique, le digital et le commerce international.

La mobilité est certainement un des axes les plus importants, dans un pays où la voiture de société est toujours reine des avantages extra-salariaux et les embouteillages nombreux dans les grandes agglomérations. Certains veulent purement et simplement l'abandon de la voiture de société, au profit d'une mobilité plus douce et plus verte. Bernard Gilliot n'est pas aussi extrême, il veut "garder les voitures de société mais en donnant la possibilité de prendre des voitures plus petites ou de remplacer par de la mobilité plus verte. S’il reste un solde, ce sera un paiement en cash à la fin de l'année. C’est une structure que l’on peut faire évoluer vers une mobilité plus verte."

"Il faut mettre tout le monde autour d’une table et arriver à dégager une vision pour solutionner définitivement la problématique. Cela compte pour l’efficacité des entreprises, en moyenne le Belge perd une semaine par an dans les embouteillages."

Diminuer l'impôt des sociétés

Si le représentant des entreprises lors des concertations sociales voit le pacte d'investissement d'un bon œil, "il faut aller plus loin" au niveau du tax-shift, commentant l'étude de l'OCDE qui a montré que la Belgique est le pays où la charge fiscale est la plus élevée sur les salaires.

"Il faudrait faire une réforme fiscale globale, et revoir l’impôt sur les sociétés qui est trop élevé. Dans le passé, il y avait des niches qui permettaient de réduire cela et garder un certain niveau de compétitivité à l’international, mais aujourd’hui ces niches sont mises sous pression par l’UE ou l’OCDE, donc il faut diminuer cet impôt de base sur les sociétés."

Face à la demande du CD&V de coupler cette mesure de réduction de l'impôt des sociétés avec une augmentation des taxes sur les plus-values boursières, Bernard Gilliot ne se positionne pas clairement. "Ce sont deux dossiers différents qu’il ne faudrait peut-être pas coupler. Ce qu’il faut, c’est un impôt facial plus faible pour nos investisseurs et futurs investisseurs. Au niveau des plus-values, je suis d’accord qu’il faut un peu plus de transparence, un meilleur équilibre fiscal mais ce sont deux dossiers séparés, indépendants."

On doit trouver des partenariats, des conventions avec d’autres pays pour garantir le sort de notre pays

Le PTB réalise une percée dans les intentions de vote chez nous, Brexit est en marche, Donald Trump est à la tête des États-Unis et Marine Le Pen est assurée de passer le premier tour des présidentielles françaises selon la majorité des sondages. Le protectionnisme s'est emparé des discours politiques, un phénomène inquiétant pour l'économie de marché et les entreprises, "surtout pour un petit pays comme la Belgique", précise le président de la FEB.

"Nous avons besoin de l’international, nous sommes un pays d’import-export, nous ne pouvons pas vivre avec des mesures protectionnistes. On doit trouver des partenariats, des conventions avec d’autres pays pour garantir le sort de notre pays." Et concernant le Brexit, qui a été officiellement lancé il y a quelques semaines, "on met maintenant des plateformes en place pour voir comment protéger certains secteurs."

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