Pour la première fois depuis 2008, le nombre d'absents de longue durée semble stagner

Selon une étude que vient de publier le secrétariat social Securex, la Belgique semble avoir atteint un plafond en matière d’absentéisme de longue durée. Le nombre de travailleurs absents pendant plus d’un an s’est stabilisé en 2018.

C’est la première fois depuis la crise de 2008 que le nombre d’absents de longue durée n’évolue pas de manière significative. Plusieurs raisons possibles, selon Guillaume Bosmans, expert RH chez Securex : « Tout d’abord, on arrive vers la fin du vieillissement de la population de travailleurs, donc on sait que les baby-boomers vont arriver bientôt à l’âge de la retraite. On voit que l’augmentation des plus de 55 ans continue, même si elle est de moins en moins grande. Une deuxième explication, c’est aussi le fait que pour la première fois il y a des chiffres positifs au niveau du burn-out, donc on voit que ce chiffre commence aussi un peu à diminuer. Et une troisième explication, c’est évidemment la politique de réintégration, qui a peut-être un bon effet sur le marché du travail ».

Une meilleure réintégration des malades de longue durée sur le marché du travail serait donc un élément expliquant pourquoi le nombre d’absences de longue durée se stabilise. Securex reste néanmoins prudent sur ce point, évoquant « le succès possible de la loi de réintégration qui est entrée en vigueur en 2017 ».

Les absences de courte durée ont augmenté de 5%

Les absences de moins d’un mois ont augmenté de 5% en 2018. Securex n’avait plus constaté une telle hausse depuis 2005 (13 ans). Il y a là aussi plusieurs explications : « La première, c’est l’épidémie de grippe l’année passée, qui a été relativement importante. On voit aussi que l’été a été très chaud, et donc on voit qu’il y a eu des pics d’absentéisme pendant l’été. Et enfin, on voit un pic d’absentéisme en novembre qu’on n’arrive toujours pas à bien expliquer, mais il y a visiblement eu quelque chose en novembre aussi ».

Les spécialistes en ressources humaines se demandent aussi si cette hausse n’est pas liée à des carences au niveau du management dans les entreprises, l’idée étant qu’au fil du temps, dans pas mal de sociétés, on a accordé beaucoup d’attention à l’absentéisme de longue durée et aux risques psychosociaux qui peuvent en être la cause, le burn-out par exemple.

Mais pour Guillaume Bosmans, il est possible que pas mal de managers aient perdu de vue les petits pépins du quotidien : « C’est une possibilité, effectivement. On sait que les managers ont de plus en plus de charges de travail, et qui dit plus de charges de travail dit moins de temps pour être attentif au bien-être des employés et des éventuels problèmes qu’ils pourraient avoir ».

L’analyse de Securex porte sur 27.000 employeurs et près de 240.000 travailleurs du secteur privé, et du secteur privé exclusivement.

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