Polémique: les actionnaires d'Arco vont bénéficier de la garantie de l'Etat

La liquidation d'Arco va faire mal au contribuable
La liquidation d'Arco va faire mal au contribuable - © Belga

La chute de Dexia provoque la liquidation du groupe bancaire Arco. Il s'agit d'une coopérative regroupant 700 000 particuliers. Ils devraient bénéficier de la garantie de l'état qui les considère comme épargnants et non comme actionnaires. La facture s'élèvera sans doute à plus d'un milliard d'euros.

C'est une évidence, le citoyen belge va payer la crise économique. Le prochain budget de l'état risque de laisser un goût amer. Cette amertume pourrait bien être accentuée par l'ardoise qui sera laissée lors de la liquidation d'Arco. ce groupe financier proche du mouvement chrétien va bénéficier de la garantie d'état. On parle d'un garantie à hauteur de 100 000 par épargnant. Le mot est laché: E-PAR-GNANT! Les actionnaires d'Arco sont donc considérés comme tels suite à des accords passés il y a quelques semaines à peine. Aujourd'hui, cela fait évidemment bondir.

Dans son édito du jour, Béatrice Delvaux, pour le journal Le Soir n'y va pas par quatre chemins pour analyser l'impact budgétaire de la liquidation d'Arco. "Par les temps budgétaires qui courent, c'est déjà extrêmement choquant. Mais ce deal, par son côté caché, non équitable et politisé est en plus scandaleux. (...) Mais l'histoire est plus compliquée et plus malsaine car c'est sous la menace que les négociateurs ont cédé. Les mouvements sociaux-chrétiens, qui ont retrouvé la sagacité financière et le pouvoir de négociation perdus durant tout ces mois de présence dans les instances de Dexia, ont menacé le gouvernement, s'il ne s'exécutait pas, de voir les coopérants d'Arco retirer tous leurs avoirs de Dexia banque".

Et il n'y a pas que dans la presse qu'on grince des dents. Le JT de la RTBF a consacré, ce jeudi, un reportage à la polémique posée par ce dossier. Thierry Jacques, administrateur d'Arco, s'est exprimé sur la questions des garanties de l'Etat. "Un groupe financier coopératif n'a rien à voir avec une société cotée en bourse. Il y  a des associés mais la comparaison s'arrête là. Le nombre de parts disponibles est limité. La moyenne des investissements est de 2500 euros. Enfin, les dividendes d'Arco sont capitalisés. Il n'y a pas de plus value. Il y a une différence entre jouer en bourse et spéculer".

Pierre Nothomb, président de Deminor n'est pas du tout de cet avis. "Là, on est en plein surréalisme à la Belge. Cette affaire est choquante pour les actionnaires qui ont perdu la totalité de leurs avoir dans le dossier Fortis par exemple. Si on suit le raisonnement d'Arco, cela signifie que les les coopérants bénéficient à 100% des bénéfices d'une hausse des actions tout en étant couvert à 100% des baisses éventuelles. En ce qui nous concerne nous ne poussons pas plus loin notre analyse. Le passé démontre les risques d'une attaque en justice contre l'Etat belge. Je n'ai pas envie de revivre le scénario d'une intervention de l'Etat dans une décision judiciaire".

RTBF


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