Plus de 2000 emplois créés dans le secteur chimique et pharmaceutique en 2020

En 2020, 2150 postes sont, ont été ou seront ouverts dans le secteur de la chimie et de la pharmacie en Wallonie et à Bruxelles. C’est 700 de plus que l’an dernier. Cela concerne aussi la biotech, cette discipline qui allie la biotechnologie et les nouvelles technologies. Vu la crise sanitaire, ce secteur est considéré comme essentiel, c’est-à-dire qu’il a pu continuer de prester tout au long de la crise et il a même dû et doit toujours à l’heure actuelle remplir des missions propres à cette crise : fabrication de gels hydroalcooliques, désinfectants, production de réactifs pour les tests ou encore préparer des sites pour un éventuel futur vaccin contre le coronavirus.

Mais le secteur de la chimie et des sciences de la vie est en croissance depuis un certain temps déjà chez nous. Depuis 2015, il y a entre 500 et 1000 nouveaux emplois nets en plus chaque année. C’est ce que confirme par exemple l’administrateur délégué pour la Belgique d’UCB, Willy Cnops : "En 2020, on a déjà recruté plus de 300 personnes, ce qui représente un mix entre des nouvelles fonctions et des remplacements". Cela fait à peu près 150 nouveaux jobs en un an pour une multinationale qui emploie environ 2200 personnes dans notre pays, ce qui n’est déjà pas mal.

Ces recrutements en hausse concernent les grands groupes, comme UCB, qui va d’ailleurs ouvrir une toute nouvelle usine à Braine-l’Alleud en 2024, Takeda, le géant nippon, à Lessines, ou encore Eurogentec à Seraing, mais pas seulement, comme l’explique Frédéric Druck, le patron de la Fédération belge des industries chimiques et des sciences de la vie : "Vous avez les nouveaux, comme Univercells, où Hugues Bultot a déclaré qu’il voulait que sa production de vaccins se passe en Wallonie, à Jumet, et il va ouvrir 15.000 mètres carrés de production là-bas. Vous avez aussi Mithra, à Flémalle, qui va rentrer en phase commerciale de production. Vous avez également Novasep, qui vient de terminer une deuxième ligne de production sur Seneffe — il en avait déjà une sur Gosselies — et qui va entre autres produire une partie des vaccins Covid-19".


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Ce secteur est devenu le nouveau moteur économique de la Wallonie, notamment grâce au plan Marshall qui a développé des pôles de compétitivité et qui a réussi à attirer des investisseurs. Pour Frédéric Druck, il faut prendre ce savoir-faire wallon au sérieux, son expertise est reconnue à l’international et c’est une force arrivée à maturité : "On a beaucoup vu le secteur, entre autres biotech et biopharma, comme un secteur d’innovation avec des gens en blouse blanche qui pipettent toute la journée. Aujourd’hui, on est un secteur industriel et il faut donc le voir différemment. Aujourd’hui, il faut investir dans les outils et il faut être à l’écoute des entreprises qui sont en croissance et qui veulent le réaliser dans notre région".

Enseignement

Pour que les entreprises puissent continuer à recruter, Willy Cnops, le patron d’UCB formule ses propositions : "Dans l’enseignement en général, je pense qu’on peut adapter les cours de formation et on peut aussi créer des bacheliers de bioproduction. On doit donc quand même intensifier et spécifier un peu plus dans l’enseignement les choses qui sont nécessaires pour avoir des employés nécessaires pour le futur".

Ajuster l’enseignement, c’est peut-être d’autant plus facile que 80% de ces postes sont des métiers de production, ces postes qu’on recherche aujourd’hui dans l’industrie. C’est-à-dire des opérateurs sur une ligne, il s’agit de déposer les matières premières, s’occuper des mélanges, mais il y a aussi tout l’aspect conditionnement qui s’apparente plus à la logistique, ou il y a encore des techniciens pour la supervision et la maintenance de la chaîne. Ce sont des métiers à niveau de formation moins élevé, mais qu’il faut absolument revaloriser selon Frédéric Druck : "Il faut remotiver pour les filières qualifiantes dans l’enseignement. Je pense que c’est quelque chose de très porteur et on le voit dans l’enseignement secondaire scientifique et technique. On va recruter dans ce vivier de jeunes. Il faut également que l’alternance devienne quelque chose de très qualitatif et comme un réflexe, comme on le connaît en Allemagne ou en Suisse. Ce sont des modèles qu’on devrait implémenter à grande échelle également chez nous. On voit qu’il y a des mouvements qui se font déjà, il y a quelques expériences pilotes, mais il faut dépasser les pilotes maintenant".

L’objectif est donc de maintenir la cadence de recrutement d’une industrie qui se porte bien et ainsi soutenir l’économie qui en a bien besoin.

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