Plus de 200.000 Belges ont au moins deux jobs

Vous n’avez jamais été aussi nombreux à cumuler deux emplois. Plus de 200.000 personnes ont au moins deux jobs. Chez nous, c’est un record. Qui sont ces gens? Il existe différents profils chez ces travailleurs.

Évidemment, il y a ceux qui sont obligés et qui cumulent deux boulots pour s’en sortir financièrement, qui ont un travail la journée puis un autre le soir, la nuit ou le week-end, tout simplement pour boucler les fins de mois. Et ça, malheureusement, cela a toujours existé. Il y a aussi ceux qui le font par choix, par exemple des photographes libraires, des professeurs comédiens ou bien des médecins gérants de supermarché. C’est surprenant, mais cela existe.

Julie De Buyst a 40 ans, elle est pleine d’énergie et vit dans le Hainaut. Elle est pédiatre à temps plein dans un hôpital à La Louvière et en plus de ça, dès qu’elle a du temps libre ou des récupérations, elle gère un grand magasin avec son mari. Son agenda est donc chargé. "J’ai commencé mon travail à l’hôpital hier matin à 9 heures et je suis sortie de l’hôpital aujourd’hui à midi avec une garde qui a été bien remplie, raconte Julie De Buyst. Ensuite, le trajet a été bref afin d’arriver très vite ici au Delhaize pour continuer mon après-midi avec les rendez-vous qui se succèdent avec mon mari et différents intervenants".

Je fais ça par plaisir

Julie rencontre des fournisseurs, mène des entretiens d’embauche, fait la comptabilité, les commandes, et même, quand il faut, les rayons et les caisses. Les journées sont donc bien longues. "Je fais ça par plaisir", explique Julie. En fait, ce supermarché est une affaire de famille, elle a repris l’activité de son papa et explique : "J’ai besoin des deux, médecin et gérant. Ça fait partie de mon équilibre. Je crois qu’on ne peut pas s’en empêcher. C’est quelque chose qui nous porte, c’est un rêve et on a surtout cette chance de pouvoir l’appliquer et d’avoir tous les outils pour le concrétiser. Ce n’est en effet pas du tout un besoin financier, mais c’est un besoin de réalisation à plusieurs".

À propos de la question des motivations, certains préfèrent la liberté et estiment que cela procure de la créativité à la sécurité de l’emploi. "C’est important pour moi cette alternance entre boulot plutôt intellectuel et boulot plutôt manuel", explique un homme qui est avocat le matin et élagueur l’après-midi. 

Plus de diplômés d’études supérieures

Nous parlons ici de médecins et d’avocats dans nos exemples, les gens qui cumulent ne font-ils pas plutôt des métiers peu qualifiés en général? Et bien non. Cela va peut-être un peu à contre-courant des idées reçues, mais c’est plutôt l’inverse. Parmi ces 200.000 Belges qui cumulent deux métiers, il y a deux fois plus de diplômes d’études supérieures que de niveaux d’instruction faible. Il y a aussi beaucoup plus de célibataires ou de divorcés parmi ceux qui cumulent. Ce sont évidemment des catégories légales dans les statistiques, ça ne veut pas dire que ces gens ne sont pas en couple, mais cela donne quand même une idée de leur profil. Et sur la question du genre, il y a une égalité parfaite, il y a autant d’hommes que de femmes dans ces cumulards.
 

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