Plastique à usage unique: une interdiction peut-elle pénaliser l'économie belge?

Assiettes en plastique, touillettes pour le café, gobelets jetables...l'Europe et la Région wallonne veulent interdire le plastique à usage unique. Pourtant, la Belgique est un gros exportateur de plastique. Va-t-on interdire chez nous des produits que l’on exporte massivement à l’étranger? Il faut nuancer. 

La production de plastique est en effet l’un des pans importants de l'économie belge avec plus ou moins 23 000 emplois et un chiffre d’affaires annuel de 13 milliards d’euros. C’est également l’un des secteurs qui contribuent le plus positivement à la balance commerciale de notre pays. On en exporte beaucoup. Mais ce que nous produisons n’a rien à voir avec les touillettes à café.

Du plastique à haute valeur ajoutée

"Par exemple, une bonne partie de la carrosserie d’une voiture est aujourd’hui faite en matière plastique ultra performante, résistante, ultra légère, mais c’est du plastique et c’est du plastique de très haute valeur ajoutée et de composition très sophistiquée", explique Yves Verschueren, administrateur délégué d’Essenscia, la fédération de la chimie et des matières plastiques. Il ajoute: "Dans l’aviation, l’impact et la présence de matière plastique ne font qu’augmenter. Ce sont ces matières de plastique qui se sont essentiellement développées, créées et produites en Belgique, puis qui partent à l’exportation."

Ça veut donc dire qu’interdire le plastique à usage unique n’aura que très peu d'impact sur l'économie belge. Les touillettes en plastique - pour résumer - la Belgique les importe. Ce sont des produits à faible valeur ajoutée qui ne pèsent que très peu dans la balance commerciale. Sauf que ces objets sont aussi en théorie de la matière première, en tout cas pour ceux qui les recyclent. Mais depuis le début de l’année la Chine a fermé en partie sa filière d’importation de déchets en plastique.

Opportunité industrielle

Grosso modo, ça veut dire qu’une touillette en plastique était fabriquée en Chine puis renvoyée vers la Chine. Toujours est-il que le tarissement de cette filière chinoise à l’exportation crée en fait une opportunité industrielle et économique parce que les pays européens ne recyclent toujours pas suffisamment leurs déchets en plastique à usage unique.

"Le plus gros problème est de collecter les déchets en plastique et de faire en sorte que le consommateur ne s’en défasse pas. Parce que la valeur est tellement faible qu’il n’y prend finalement pas garde. Au contraire, une fois que ces produits arrivent effectivement dans la nature et in fine dans les océans, le coût pour aller les rechercher, les récupérer et les retransformer devient très élevé", explique Yves Verschueren.

Vu l’expertise belge en matière de plastique et la filière pétrochimique existante, la possibilité est donc là. Encore faut-il que ces plastiques à usage unique soient collectés de manière économiquement rationnelle, et donc pas jetés sur la plage.
 

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