Plan "Reboot" de Brussels Airlines: la CSC estime être tenue à l’écart des négociations

"Les syndicats les plus critiques de Brussels Airlines (CNE et ACV PULS) sont exclus de la table de négociation du plan Reboot", c’est en ces termes que la CSC a dénoncé son absence des discussions qui doivent avoir lieu ce lundi entre direction et syndicats concernant le Plan "Reboot" de la compagnie aérienne basée à Bruxelles.

Dans un communiqué de pressé les délégués ACV PULS et CNE annoncent qu’ils ont été "informés qu’ils n’étaient pas les bienvenus lors des discussions concernant le plan "Reboot", qui doivent avoir lieu ce lundi 20 janvier avec les deux autres syndicats".

Selon les syndicats affiliés à la CSC, cette volonté de la direction de les écarter des discussions est liée à la position des "verts" dont les critiques sur le plan de transformation seraient jugées trop virulentes.

Du côté de Brussels Airlines, la porte-parole Wencke Lemmes explique à la RTBF que des discussions ont bien lieu aujourd'hui mais qu'elles n’impliquent pas la direction de la compagnie mais bien des responsables des ressources humaines et les syndicats. "La CSC a fait comprendre qu'ils ne partageaient pas l'approche de la compagnie concernant la politique de départs volontaires". 

Les discussions en cours entre les responsables RH et les syndicats socialistes et libéraux se poursuivent donc de "façon constructive", selon la porte-parole de la compagnie aérienne. Mais la différence entre la volonté de la CSC de rentrer dans une procédure de licenciements collectif et la politique de départs volontaires préconisée par le plan "Reboot" rend inutile la présence des syndicalistes chrétiens.

La procédure actuelle qui mise sur des départs volontaires "permet aux employés de retrouver un emploi soit dans le cadre de l'entreprise, soit ailleurs", explique la porte-parole. De son côté Didier Lebbe de la CSC estime que cette approche permet à Brussels Airlines d'éviter de payer des indemnités de licenciements aux travailleurs qui seraient écartés. Les discussions se poursuivent donc entre syndicats (socialistes et le libéraux) et les responsables RH pour faire avancer le plan "Reboot".  

Pour la CSC, Brussels Airlines se soustrait aux dispositions de la loi Renault

Ce plan "Reboot", c'est donc une restructuration à grande échelle de la compagnie belge. Cette transformation de la compagnie doit lui permettre d’être à nouveau rentable via une importante réduction de coûts.

Pour le personnel au sol, la société propose un plan de départs volontaires. Mais selon la CSC, la société se soustrait aux dispositions de la loi Renault.

"Pour nous, c’est incompréhensible, c’est du jamais vu à l’aéroport. La direction veut apparemment procéder à des départs volontaires sans approbation de l’ONEM, et faire fi des règles d’un plan social prévoyant, outre un reclassement, des indemnités de licenciement. Ils ne pensent pas que ce soit nécessaire", dénonce le syndicat chrétien.

La CSC, trop critique ?

Alors que les syndicats socialistes et libéraux seraient invités aux discussions du jour, les verts seraient écartés des discussions par la direction en raison de leurs positions trop critiques sur le plan : "L’analyse différente du plan par la CSC n’est manifestement pas appréciée : seuls les syndicats qui ne sont pas critiques sont les bienvenus pour assister à la consultation. Les secrétaires syndicaux de l’ACV n’étaient même pas informés de la réunion et ont dû demander avec insistance pourquoi ils n’étaient pas invités. Et il est certain que les syndicalistes plus critiques doivent être tenus à l’écart. Est-ce là le nouveau style de consultation sociale chez Brussels Airlines ?".

Par ailleurs, les syndicats affiliés à la CSC estiment avoir constaté des irrégularités dans l’enregistrement des conventions collectives pour les pilotes. "La CSC, malgré avoir signé ces CCT favorables aux pilotes, a constaté que celles-ci avait été enregistrées en retirant son nom". Ils posent la question à la direction de savoir si ce procédé est une manière de les "ostraciser aux yeux du personnel". Les termes sont forts et ne s’arrêtent pas là : "C’est du jamais vu également à Brussels Airlines et à la Sabena".

La CSC parle de provocation et demande "à toutes les parties concernées de ne pas accepter ce type de provocations, et le retour à des négociations dignes de ce nom".

Archives : Journal télévisé du 07/11/2019

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