Pieter Timmermans (FEB) : "Un reconfinement ? Ce serait la fin pour 60.000 entreprises"

La perspective d’un reconfinement inquiète à la Fédération des Entreprises de Belgique, c’est le moins qu’on puisse dire. Et surtout pour le patron des patrons, son administrateur délégué Pieter Timmemrans, 16% des entreprises belges – des entreprises qui étaient tout à fait saines financièrement avant l’arrivée du Covid-19 disparaîtraient, ne survivraient pas à un nouveau confinement. Cela représente 60.000 entreprises environ et environ 300.000 emplois. Est-ce qu’économiquement parlant c’est le scénario du pire qui est en train de s’écrire sous nos yeux ?

Pieter Timmermans : La situation est préoccupante. Je dois bien l’avouer, ce n’est pas ce que j’avais espéré.

Force est de constater que le problème se situe dans la sphère privée, et dans les universités. Nos entreprises, elles, ont fait tout ce qu’elles pouvaient faire. Elles suivent le guide pratique, avec les partenaires sociaux.

On connaît la position des organisations patronales, qui assure que les entreprises ne sont pas source de propagation du virus. Mais rien ne le garantit. Et des problèmes ont été constatés, notamment dans l'agroalimentaire et chez ABInbev…

P.T. : Vous citez deux exemples. Deux, sur 250.000 entreprises, ce n’est pas énorme. Et en plus, est-ce que dans ces deux exemples, les contaminations ont démarré dans l’entreprise, ou en dehors ? Les informations qui me reviennent, c’est que pour l’instant les consignes sont respectées au sein des entreprises.

Mais on le sait, des jeunes contaminés vont finir par contaminer leurs parents et qu’au final il y aura bien des conséquences sur les entreprises.

Le virus est aujourd’hui partout et ne fait pas la différence entre la Wallonie, la Flandre et Bruxelles. Il faut maintenant que tout le monde — les jeunes, les étudiants, les personnes un peu plus âgées, etc. –, tout le monde au sein de l’entreprise et en dehors de l’entreprise, respecte les règles parce qu’autrement, on va droit vers le confinement, avec des conséquences dramatiques pour notre économie et pour l’emploi.

Un reconfinement serait une catastrophe économique sans précédent.

Est-ce que nous avons les moyens d’un reconfinement ?

P.T. : Non, il faut éviter à tout prix un deuxième lockdown, un deuxième confinement. Un chiffre pour vous illustrer cela : 16% des entreprises en bonne santé avant la crise Covid, donc à peu près 60.000 entreprises qui occupent 300.000 employés, étaient en bonne forme, pas de problèmes financiers. Aujourd’hui, ces 16% sont en difficulté et risquent de tomber en faillite. S’il y a maintenant un deuxième confinement, ne fût-ce que pour 15 jours, trois semaines, un mois ou deux mois, c’est la fin de ces entreprises-là. Et ce serait une catastrophe économique sans précédent.

Si nous voulons sauver l’économie, et donc sauver des emplois, et donc sauver du pouvoir d’achat, nous devons respecter les règles.

En Belgique, ces derniers jours semblent nous indiquer qu’il n’y a manifestement pas tant de confiance que ça vis-à-vis des décisions qui sont prises.

Pieter Timmeramns : Oui, c’est vrai, il faut regagner la confiance des gens. Mais sachez aussi que quand les gens voient les chiffres, ou entendent les déclarations des médecins ou de responsables d’unités de crise au sein des hôpitaux, cela change vite aussi. Nous l’avons constaté au début du confinement, début mars. Et aujourd’hui, je pense que cela va aller dans le même sens.

Si nous voulons sauver l’économie, et donc sauver des emplois, et donc sauver du pouvoir d’achat, nous devons respecter les règles.

Tout le monde est maintenant l’un à côté de l’autre. Nous devons vraiment combattre ce virus. Nous sommes capables de le faire. Nous sommes encore un pays riche. Nous sommes un pays avec un système de soins de santé de haut niveau. Nous sommes capables de combattre cette crise, mais c’est maintenant qu’il faut le prouver.

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