Coronavirus : pour Pieter Timmermans (FEB), "l'endroit où vous travaillez est peut-être le lieu le plus sûr pour ne pas être contaminé"

A la veille de la fête du Travail, et à quelques jours de la reprise économique, Pieter Timmermans, patron des patrons, est notre invité ce jeudi matin. Ce lundi 4 mai, l’activité économique dans les grandes entreprises va s’accélérer. Dans quel contexte ? Avec quelles protections ?

Pieter Timmermans rappelle que "fermer une économie c’est assez facile cela peut se faire en un ou deux jours, mais relancer une économie, c’est beaucoup plus compliqué et il faut le faire de façon progressive. Lundi prochain, il ne faut pas s’attendre à ce que tout le monde soit au travail à 100%, avec une productivité similaire à ce qu’il y avait il y a un an, par exemple. Ce qui est important c’est que le groupe des 10, les partenaires sociaux aient trouvé un accord, et il n’y a plus d’opposition entre économie et santé. Il faut maintenant trouver l’équilibre, le juste milieu, entre la santé et la reprise de l’économie. Et nos membres vont respecter pour cela scrupuleusement les consignes données par le Conseil National de Sécurité (CNS)".

La crise sanitaire que nous vivons suscite vraisemblablement de nombreuses inquiétudes dans le chef des travailleurs, dont celle de savoir si on est obligé de retourner au travail ce lundi ?


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Pour le patron des patrons "ce n’est pas une question d’obligation ou pas, c’est une question de bon sens. Dans les entreprises où il y a de bonnes relations on peut redémarrer. Je signale que déjà maintenant 60% de l’économie belge est au travail, 40% à l’arrêt, on n’a jamais vu cela. Il ne faut pas faire travailler les gens malades, cela n’a aucun sens, personne ne va la faire. Il faut convaincre ceux qui ont peur de reprendre le chemin du travail, c’est une question de confiance entre les employeurs et les employés. Si on ne redémarre pas notre économie, si on ne va pas travailler, on crée des problèmes supplémentaires pour notre économie. A terme nous aurons plus de chômage permanent et ça nous essayons de l’éviter, avec le groupe des 10, nous avons publié un guide de bonnes pratiques pour le redémarrage de nos entreprises".

Le président de la FGTB Robert Vertenueil a plaidé pour rendre le contraignant, dès le début de la première phase du déconfinement ce 4 mai, le guide des partenaires sociaux sur les recommandations et les mesures de sécurité en entreprise.

Pour Pieter Timmermans ce n’est pas une question d’obligation, "c’est une question de confiance entre employeurs et employés. Sur le terrain, je vois qu’il a de la bonne volonté pour travailler dans des conditions strictes et saines. Nous avons tous intérêt à suivre ces règles, car sinon il y aura une deuxième vague et nous serons tous victimes de celle-ci".

Covid-19, maladie professionnelle ?

Pieter Timmermans explique que pour l’instant cela fait partie des discussions mais selon sa réflexion "considérer le covid-19, comme une maladie professionnelle, donc une maladie liée à l’activité professionnelle… Moi ce que j’ai entendu des experts, c’est que la plupart des gens qui ont été contaminés l’ont été en revenant de vacances de ski, ou lors des "lockdown party". J’ose même dire que l’endroit où vous travailler et peut-être le lieu le plus sûr, pour ne pas être contaminé".

Et quand on lui rétorque qu’il y a eu des contaminations par exemple dans la grande distribution ou les hôpitaux, le patron des patrons répond "qu’on ne peut pas le prouver. C’est cela le problème, savoir quand le travailleur a été contaminé au travail ou en soirée ?" Avant d’insister sur le fait que c’est encore en discussion, "même, si à première vue j’ai quand même des réticences".

Report ou étalement des congés ?

Pieter Timmermans plaide "pour que ce sujet soit discuté au sein de chaque entreprise. Ne fermons pas des portes qui peuvent être des solutions, pour que notre économie puisse se redresser progressivement".

1er mai et discours, la fin du gouvernement Wilmès ?

Est-ce que vous croyiez que cela sera apprécié par les citoyens ? "Je trouve cela regrettable, car aujourd’hui tout le monde fait ce qui est possible pour combattre ce virus, nous avons encore quelques semaines, quelques mois avec des périodes difficiles. Nous avons aidé a court terme les entreprises, sur des problèmes de liquidité, mais combien à plus long terme vont pouvoir s’en sortir ? Il faut un plan de relance économique. Si je peux donner un conseil, il faut continuer à gérer la crise avec l’équipe actuelle. Mais cela n’empêche pas les dirigeants politiques de se voir discrètement, en dehors des médias, pour discuter de ce que l’on fera, après les vacances, à partir du mois de septembre. Mais qu’on le fasse en dehors des médias, aujourd’hui il faut se concentrer sur la gestion de crise, aucun employeur, aucun travailleur, aucun citoyen, aucun allocataire social ne veut de ce débat sur la stratégie politique", défend Pieter Timmermans.

L’après Covid-19 ?

Pour le patron de la FEB, "la société de demain ne sera plus celle d’hier. La façon de travailler ne sera plus la même, ce n’est pas que le capitalisme qui est en jeu, mais notre mode de fonctionnement en tant que citoyen aussi. On parle beaucoup de la sécurité sociale comme stabilisateur de notre modèle social, mais heureusement que nous avons aussi la technologie, sans le télétravail, la crise aurait été plus importante encore". 

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