Philippe Maystadt: il ne faut pas punir les Grecs

Philippe Maystadt ne veut pas punir la Grèce pour les erreurs du passé.
Philippe Maystadt ne veut pas punir la Grèce pour les erreurs du passé. - © RTBF

Dans son ouvrage "Europe: le continent perdu ?", Philippe Maystadt, l'ancien président de la Banque européenne d'investissement, esquisse des pistes de sortie de crise pour l'Europe et préconise de ne pas culpabiliser la Grèce pour les erreurs commises mais de l'aider sous condition.

L'ancien ministre belge des Finances publie "Europe: le continent perdu ?" un livre dans lequel il s'interroge sur le déclin de l'Europe : est-il inéluctable? C'est la question que se pose Philippe Maystadt.

Cet ouvrage veut donner une réponse lucide aux eurosceptiques. "Il y a des faiblesses structurelles de l'économie européenne", reconnaît l'ancien président de la BEI : il n'y a pas assez de gains de productivité, d'innovations et d'investissements, et l'Europe désindustrialise. Il faut mieux coordonner les politiques économiques, dit Philippe Maystadt. 

Chômage élevé, croissance faible, protectionnisme et tensions entre Etats : le scénario du pire est plausible mais pas certain, dit l'ancien ministre qui espère qu'il y aura un sursaut collectif. "C'est ce que j'appelle le réveil de l'Europe, la mise en oeuvre coordonnée d'une stratégie pour corriger les faiblesses majeures de l'économie européenne". Philippe Maystadt cite ici la stratégie Europe 2020 de la Commission basée sur la connaissance et de la recherche, plus soutenable, plus verte et enfin inclusive pour tous et pour toutes les régions. Mais pour cela, il insiste: il faudra plus se coordonner au sein de l'Europe et aussi mieux répartir les ressources.

Mais face aux tensions du jour comme celles engendrées par le cas grec, face "à la montée des égoïsmes nationaux" comme il l'écrit dans son ouvrage, Philippe Maystadt se veut optimiste et voit "de plus en plus de personnes qui se rendent compte que le seul moyen de sortir par le haut de la crise, c'est d'aller plus loin dans l'intégration européenne".

Lacher la Grèce?

Philippe Maystadt ne croit pas au scénario d'un lâchage de la Grèce par certains Etats de la zone euro. On peut envisager d'aider la Grèce sous certaines conditions pour être sûr que cette aide serve réellement, mais pas la punir. "Et parfois dans le chef de certains, j'ai l'impression qu'ils veulent punir les Grecs pour les erreurs du passé. Et ça, cela ne mène pas très loin".

Philippe Maystadt estime que "les Grecs sont toutefois rentrés un peu par effraction et trop tôt dans l'eurozone et en falsifiant les comptes, donc il y a eu un vice de consentement, et que le gouvernement de l'époque en a profité pour s'endetter de façon excessive".

Il ne faut pas culpabiliser, dit-il encore, et "certains éléments vont trop loin, en particulier le FMI qui a une certaine obsession contre le salaire minimum que j'avoue ne pas comprendre".

Quant à l'indexation des salaires en Belgique, Philippe Maystadt le juge sans inconvénient majeur "en temps normal", mais voit un risque en période de forte inflation. Il faudra intervenir si nécessaire comme on l'a fait par le passé avec un saut d'index, mais pour l'instant, dit-il, il n'y a pas lieu de le faire mais il faut toujours être prêt à réagir.

JFH





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