Philippe Mattart: "Il y a des amalgames, des erreurs grossières sur la viande wallonne"

Philippe Mattart: "Il y a des amalgames, des erreurs grossières sur la viande wallonne"
Philippe Mattart: "Il y a des amalgames, des erreurs grossières sur la viande wallonne" - © Tous droits réservés

Ce week-end marque le début de la Quinzaine du bœuf, une campagne qui ne vise pas à en manger plus, mais à manger plus local.

Philippe Mattart, directeur général de l'Apaq-W (Agence Wallonne pour la Promotion d’une Agriculture de Qualité), veut remettre le bœuf belge à l’honneur. Malgré une baisse de sa consommation, liée à l’émergence des mouvements végans, aux nouveaux régimes alimentaires et aussi aux récents scandales qui ont touché l’industrie agro-alimentaire, le Belge reste amateur de viande.

Baisse de consommation de viande

"Il y a des comportements convictionnels, presque philosophiques, qui depuis quelques années conduisent à influencer ce marché et aboutissent à des attitudes de dénigrement, des amalgames, des erreurs grossières sur la viande. Dire qu’elle est chère, de mauvaise qualité, qu’elle a des conséquences néfastes sur le développement durable, sur l’environnement, tout cela est faux."

Le directeur de l'Apaq-W pointe "des amalgames entre la manière dont la viande est produite en Wallonie et la manière dont elle est produite dans d’autres pays. Singulièrement, en Outre-Atlantique, avec des élevages qui n’ont strictement rien à voir avec les élevages locaux".

Des amalgames entre la viande belge et étrangère

Dans ces élevages, leur intensivité a probablement des conséquences sur la qualité de la viande, explique-t-il. "En Wallonie, la superficie agricole représente plus ou moins la moitié du territoire. La moitié en est représentée par des pâtures. Ce sont des puits de carbone, elles sont en capacité d’absorber les gaz à effet de serre. On est en présence d’élevage écologique et respectueux de l’environnement".

La Belgique est un pays dans lequel la traçabilité est d’un très haut niveau. Avec les contrôles sanitaires, mais aussi avec certains cahiers des charges, dont le Belbeef qui garantit que la viande produite en Belgique a été élevée et abattue sur le territoire belge. La viande importée ne jouit pas de cette garantie de qualité et de traçabilité.

Restaurer la confiance

La foire agricole de Libramont a mené l'étude d’une nouvelle marque qui permette plus de clarté, un label plus identifiable pour remettre à l’honneur une marque belge en laquelle le consommateur puisse avoir totalement confiance.

Pourtant un tel label existe déjà, mais manque de communication. "Le label Belbeef offre déjà cette garantie de manière tout-à-fait certaine", explique Philippe Mattart. "L’Apaq-W travaille sur un label d’identité locale qui s’appellera 'agriculture locale', il pourra donner cette garantie d’origine locale à la viande."

Le directeur de l'Apaq-W mentionne une étude réalisée par l'Agence : "À l’aveugle, lorsqu'on place face au consommateur wallon différents types de viandes, c’est le blanc bleu belge qui ressort vainqueur. Il y a parfois des comportements, des préjugés des consommateurs qui préfèrent une viande plus exotique, un peu différente parce qu’elle n’a pas de goût ou qu’on ne lui fait pas confiance. Quand le consommateur déguste à l’aveugle, il se rend compte que la qualité est locale".

Face à la baisse de consommation de viande en Belgique, 30% de la production s'en retrouve exportée. Une viande qui, si le consommateur wallon la craint, est appréciée à l'étranger. "C’est une viande qui est diversifiée, avec une viande maigre, parfois plus persillée, plus grasse, de nature à satisfaire tous les consommateurs", conclut Philippe Mattart.

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