Pétrole: l'OPEP, une arme politique qui a perdu (un peu de) son influence

Pétrole: l'OPEP, une arme politique qui a perdu (un peu de) son influence
Pétrole: l'OPEP, une arme politique qui a perdu (un peu de) son influence - © Tous droits réservés

Les membres de l'OPEP, l'organisation des pays exportateurs de pétrole, se sont mis d'accord mercredi soir à Alger sur une réduction de la production, un accord qualifié d'historique.

Mais qu'est-ce que l'OPEP ? Voici des éléments de réponse en quelques questions.

Quand a-t-elle été créée ?

Il y a presque exactement 56 ans, en septembre 1960. Le pétrole valait alors moins de cinq dollars le baril, et le prix était en baisse.

C’est Juan Pablo Perez Alfonso qui prend l’initiative. Ministre des mines du Venezuela, il convainc l’Arabie Saoudite, puis l’Iran, l’Irak et le Koweit de créer une organisation internationale.

L’OPEP est d'abord localisée à Genève, ville neutre. En 1965, elle est transférée en Autriche. Son siège est toujours à Vienne aujourd’hui.

L’OPEP a-t-elle été en mesure de peser réellement sur les prix du pétrole dès sa création ?

Très peu. Pour une raison simple. Le marché est tenu par les grandes compagnies pétrolières occidentales qui disposent de concessions très favorables.

Pendant plusieurs années, l’OPEP réussit avec un succès relatif à relever ses recettes sur ces concessions.

La vraie prise de contrôle se fera par la nationalisation, donc la réappropriation du pétrole par les pays producteurs.

Peut-on dire que le vrai virage, c’est 1973 avec le premier choc pétrolier ?

Le 6 octobre 1973, l’Egypte et la Syrie attaquent simultanément Israël. C’est la guerre du Kippour. Un coup de boutoir et pas seulement sur le terrain.

Le 16 octobre, les pays de l’OPEP décident un embargo sur le pétrole vendu aux Etats-Unis et dans certains pays occidentaux trop proches d'Israël.

Pour la première fois l’or noir est une arme politique mondiale. Le prix du brut est multiplié par quatre en six mois.

Les membres de l’OPEP prennent pleinement conscience de leur pouvoir.

Côté occidental, c’est la panique, un peu comme si on découvrait pour la première fois que le pétrole a vraiment une valeur.

1973 est une date charnière sous plusieurs angles.

Les membres de l’OPEP vont-ils réussir à profiter longtemps de cette tension ?

Oui mais pas pour très longtemps. Le pétrole est devenu une arme politique, la moindre tension au Moyen-Orient fait grimper les cours, les recettes des pays producteurs s’enflamment.

En 1979, le baril de brent dépasse pour la première fois les 100 dollars. Un niveau qui tiendra un peu plus d’un an avant de s’effondrer et de continuer à baisser pendant près de 20 ans.

L’OPEP n’est plus la seule à peser sur les cours. La main est prise par les marchés à terme du pétrole, à Londres et à New York. L’or noir devient une matière première presque comme les autres. Non sans à-coups, avec un pic à 146 dollars en juillet 2008.

C’est le marché qui joue pas l’OPEP

Qu’est-ce qui explique cette perte d’influence ?

Il y a plusieurs éléments. D’abord une montée en puissance de pays producteurs non membre : la Russie qui a construit sa croissance sur le pétrole avant de subir de plein fouet la dégringolade des prix, les Etats-Unis qui ont poussé à fond l’exploitation du pétrole de schiste.

Ensuite, des intérêts très divergents parmi les 14 membres de l’OPEP. Pour conserver ses parts de marchés et enfoncer la concurrence, l’Arabie Saoudite n’a pas accepté un seul instant de resserrer un tant soit peu ses vannes. Une catastrophe pour des pays comme le Venezuela ou l’Algérie.

Enfin, la réalité économique. Quand la demande de pétrole stagne, faire remonter les cours est très compliqué.

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