Perspectives économiques de la BNB: la Belgique devrait retrouver son PIB d'avant-Covid vers la mi-2022

La Belgique devrait retrouver le niveau de produit intérieur brut (PIB) qui était le sien avant le début de la crise sanitaire vers la mi-2022, estime la Banque nationale de Belgique (BNB) dans ses dernières prévisions économiques publiées lundi. C'est légèrement plus tôt que ce sur quoi tablait la BNB au printemps dernier, lorsqu'elle s'attendait à ce que le PIB belge retrouve fin 2022 son niveau de 2019.


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Après le premier confinement, qui s'est traduit par une chute du PIB presque sans précédent au deuxième trimestre, le troisième trimestre (juillet-août-septembre) a vu l'activité économique rebondir fortement, ce qui a donné "presque une reprise en V", constate le gouverneur Pierre Wunsch.

Le deuxième confinement, toujours en cours, a donné un nouveau coup d'arrêt à l'économie belge. "Mais ce qui est clair, c'est que ce second lockdown sera moins sévère sur l'économie que le premier car les mesures sont moins strictes mais aussi parce que nombre d'entreprises sont mieux adaptées", souligne encore Pierre Wunsch.

Pour l'ensemble de l'année 2020, la BNB table désormais sur une chute du PIB belge de 6,7%, avant un retour à une forte croissance en 2021 (+3,5%) et 2022 (+3,1%), ce qui permettrait au PIB belge de retrouver son niveau de fin 2019 vers la mi-2022. Ce scénario de forte reprise reste soumis à d'importantes incertitudes et se base sur l'hypothèse où une solution médicale efficace, tel un vaccin, pourrait être distribuée à partir de 2021.

Si le recul du PIB en 2020 est moins prononcé que ce que la Banque nationale craignait initialement, il est malgré tout inédit depuis la Seconde guerre mondiale et près de trois fois supérieur à celui enregistré lors de la crise financière mondiale de 2008-2009.

Assainissement budgétaire: ni trop tôt ni trop tard mais de façon crédible, plaide la BNB

La réduction du déficit public ne devra intervenir ni trop tôt, pour ne pas tuer dans l'œuf la reprise économique, ni trop tard, car le niveau de déficit public actuel est "intenable", estime la Banque nationale de Belgique, dont le gouverneur, Pierre Wunsch, plaide avant pour une trajectoire d'assainissement budgétaire "crédible".

Les mesures de soutien décidées pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire et la crise elle-même ont mis sous pression les finances publiques belges. Le déficit public, qui était de 1,9% du produit intérieur brut (PIB) en 2019, va s'enfoncer à des niveaux qui n'avaient plus été vus depuis des lustres et atteindre vraisemblablement 10,6% du PIB cette année, selon les dernières prévisions économiques de la BNB.

La dette publique belge, elle, devrait bondir de 20 points et passer de 98,1% du PIB fin 2019 à près de 120% dans les prochaines années.

Si la BNB voit d'un bon œil les mesures de soutien économique prises de manière temporaire, d'autant que la Belgique s'endette actuellement à long terme à des taux d'intérêts nuls, voire négatifs, la Banque nationale n'en juge pas moins que cette situation ne pourra perdurer. "A un moment donné, il faudra revenir à une certaine discipline budgétaire", avertit le gouverneur Pierre Wunsch, "une question importante étant celle du tempo".

Ni trop tôt, ni trop tard, mais de manière crédible, plaide la BNB. "Un déficit de 6% du PIB (le niveau attendu en 2023 par la BNB, à politiques inchangées, NDLR), c'est trop mais un déficit de 3% à la fin de la législature, cela me semble trop ambitieux. Il faudra probablement atterrir quelque part entre les deux", poursuit Pierre Wunsch.

La BNB estime que les éventuelles mesures de relance supplémentaires devront être temporaires et cibler les entreprises saines et les groupes vulnérables.

Journal télévisé de 19h30 le 14/12 :

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