Pénurie potentielle d'électricité: comprendre la "réserve stratégique" en quatre questions

La "réserve stratégique" est un mécanisme destiné à contribuer à la sécurité d'approvisionnement électrique
La "réserve stratégique" est un mécanisme destiné à contribuer à la sécurité d'approvisionnement électrique - © HERWIG VERGULT - BELGA

Qu'est-ce que la "réserve stratégique" d'électricité?

La "réserve stratégique" a été créée par une loi du 26 mars 2014. Dans le contexte de la sortie du nucléaire prévue pour 2025, c'est un mécanisme destiné à contribuer à la sécurité d'approvisionnement électrique du pays, spécialement pendant la période hivernale. La "réserve stratégique" est gérée par Elia, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité.

Concrètement, grâce à ce mécanisme, lorsqu'un risque non négligeable de pénurie d'électricité est identifié à court terme, Elia peut activer de la capacité supplémentaire. Il ne s'agit donc pas d'électricité stockée sur des batteries, mais bien d'une ou plusieurs centrale(s) électrique(s) qui peu(ven)t être mis(es) en service rapidement.

Qui décide de constituer une "réserve stratégique"?

Chaque année, Elia fait une analyse afin d'établir si la sécurité d'approvisionnement du pays pendant la période hivernale (du 1er novembre au 31 mars) est menacée. Si c'est le cas, et sur avis de son administration, la ministre de l'Energie donne instruction à Elia de constituer, pour une durée maximale de trois ans, une réserve stratégique dont elle fixe le volume. Elia lance alors une procédure d'appel d'offre.

Qui paie pour l'établissement d'une réserve stratégique?

Les fournisseurs d'électricité font des offres chiffrées. Ils peuvent proposer d'activer des centrales, au gaz par exemple, qui sont à l'arrêt de manière temporaire ou définitives, parce qu'elles ne sont pas ou plus rentables, en fonction de l'évolution des prix du marché. La Commission de Régulation de l'Électricité et du Gaz (CREG) examine ces offres et, si elle estime que certaines d'entre elles sont manifestement déraisonnables, un arrêté royal peut imposer à ces fournisseurs des prix et/ou des volumes, au nom de la sécurité d'approvisionnement. Les coûts de mise en œuvre de la "réserve stratégique" sont couverts par une surcharge tarifaire facturée par Elia aux utilisateurs de son réseau. Depuis le 1er janvier 2018, le tarif de 0,4298 €/MWh est applicable. Cette surcharge n’apparaît pas sur les factures des ménages car elle est intégrée dans le tarif de transport.

Quand a-t-on constitué une "réserve stratégique"?

Hiver 2014-2015: deux conventions conclues pour trois ans.

L'une avec EDF Luminus pour la centrale TGV (turbine gaz-vapeur) de Seraing (485 MW)

L'autre avec E.ON pour la centrale au gaz de Vilvorde (265 MW)

La réserve stratégique n'a pas dû être activée.

Hiver 2015-2016 : deux conventions supplémentaires conclues pour un an.

L'une avec EDF Luminus pour les unités d'Angleur (50 MW) et d'Izegem (20 MW).

L'autre avec Twinerg pour sa centrale TGV d'Esch-sur-Alzette (357,1 MW).

La réserve stratégique n'a pas dû être activée.

Hiver 2016-2017: pas de constitution de réserve supplémentaire.

Hiver 2017-2018 : la ministre de l'Energie décide le 13 janvier 2017 de constituer une réserve stratégique de 900 MW par année pour une période de 3 ans à partir du 1er novembre 2017

Hiver 2018-2019 : sur base de l'avis d'Elia, au printemps 2018, la ministre de l'Energie Marie-Christine Marghem indique qu'il fallait constituer une "réserve stratégique" de 500 MW. Quelques mois plus tard, le 29 août, elle fait savoir qu'aucune réserve stratégique ne sera nécessaire pour l'hiver 2018-2019.

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