Pensions: comment les autres pays européens tentent de trouver un équilibre financier

Le défi du financement des retraites, compte tenu du vieillissement de la population, est compliqué à relever chez nous. Mais ce défi est le même partout en Europe, et même au delà. Alors comment font les autres pour relever ce défi?

Pour financer la pension de tous les retraités, qui sont de plus en plus nombreux, il n’y a pas une infinité de solutions. Soit on augmente les recettes, c’est-à-dire qu’on augmente les taxes qui pèsent sur les travailleurs (une mesure compliquée à assumer politiquement), soit on diminue les dépenses, ce qui a pour conséquence des pensions moins élevées… Là aussi, c’est compliqué, et parfois impossible : on arriverait à des niveaux trop bas.

Reste un troisième scénario : travailler plus longtemps. On cotise plus longtemps et on est moins longtemps bénéficiaire d’une retraite. C’est le scénario que tous les pays ou presque privilégient.

Quasiment toute l'Europe s'apprête à augmenter l'âge légal

La tendance est la même partout, selon les chercheurs : le choix qui est fait par les gouvernements, et le choix sociétal, est celui de travailler plus longtemps. 

Pour augmenter la durée du temps de travail, il y a plusieurs méthodes qui sont différentes d'un pays à l'autre. La première, c'est d'augmenter l'âge légal de départ à la retraite. Mis à part la Pologne, toute l'Europe s'apprête à augmenter l'âge légal (ou l'a déjà fait): la Russie, la France, la Belgique... Mais il y a d'autres manières de rallonger les carrières.

On peut par exemple diminuer les départs anticipés (prépensions). Plusieurs pays sont en train de mettre en place des dispositifs pour y arriver: l'Autriche, la Bulgarie, la Finlande et bien sûr la Belgique, qui a renforcé les conditions d'accès à la prépension. Cela avait été commencé par le gouvernement Di Rupo, c'est prolongé par le gouvernement Michel.

On peut aussi récompenser ceux qui travaillent plus longtemps avec des bonus (c'est ce que la Croatie, la France et le Danemark ont choisi de faire)... ou pénaliser ceux qui travaillent moins. 

Une attention plus importante à la soutenabilité sociale des retraites

Plusieurs experts expliquent qu'avec la crise économique, toutes les réformes devaient s'assurer que la réforme des pensions était soutenable financièrement. Mais depuis trois ou quatre ans, la tendance a changé.

Avec la reprise économique, il y a une attention plus importante qu'avant à la soutenabilité sociale des retraites. La Grèce, par exemple, vient d'introduire une pension minimale, qui n'est pas proportionnée aux cotisations fournies pendant la carrière. C'est le cas en Autriche et en Bulgarie également. En Italie et en Finlande, on réintroduit des notions de pénibilité qui avaient été abandonnées.

En Allemagne, la pension est flexible, c'est-à-dire qu'on peut avoir une petite pension et en même temps continuer à réduire sa durée de travail tout en continuant à travailler. Il y a donc, à contre-courant de la tendance générale à travailler plus longtemps, à augmenter l'âge légal de départ à la retraite, des petits amortisseurs sociaux qui sont propres à chacun des pays. 

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