Parfois, on gagne moins en travaillant qu'au chômage

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Les chômeurs doivent prouver qu'ils postulent et être prêts à accepter un travail qui leur serait proposé sous peine d'être exclu du chômage. Pour certains chômeurs pourtant, travailler est moins intéressant que de rester au chômage, c'est ce que l'on appelle les "pièges à l'emploi".

Cela fait maintenant 13 ans que Ronald Noiret est chômeur. Il cherche du travail tous les mois, mais toutes ces années d'inactivités jouent contre lui. De plus, travailler ne lui rapporterait pas nécessairement plus que de rester sans emploi.
Avec son épouse également au chômage, il touche 1188 euros par mois d'allocation de chômage. Mais s'il travaille ne fut ce qu'un jour par mois, il perd presque un quart de ses revenus : "Si je travaille ne fut-ce qu'un jour en intérim, alors je perds mon complément, et mon épouse aussi. Donc, je suis parfois pris entre deux feux : est-ce que je vais travailler une journée parce qu'on me l'a proposé, parce que cette journée va faire que je perds 284 euros".

Le cas de Ronald est loin d'être isolé. Pour de nombreux chômeurs, travailler quelques jours par mois ou à temps partiel est loin d'être intéressant, comme l'explique ce permanent à la CSC : "Si on est chômeur complet indemnisé, et qu'on veut accepter un travail à mi-temps, cela suppose de se renseigner d'abord sur le salaire de ce travail à mi-temps, et ensuite de voir s'il est plus intéressant de rester au chômage complet ou d'accepter le mi-temps. Parfois le choix est assez cornélien".

Ce problème ne fait que s'amplifier, puisque les chômeurs se voient de plus en plus souvent proposer des emplois à temps partiel ou des contrats très de courte durée comme l'intérim.

 

Benjamin Carlier

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