Pacte d'investissement à 150 milliards: d'où viendra l'argent?

L'équipe gouvernementale lors de la présentation du plan d'investissement.
L'équipe gouvernementale lors de la présentation du plan d'investissement. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

L'Etat lui-même apportera une petite moitié (45%) des 150 milliards annoncés. Cela fait donc 67,5 milliards d'argent public à trouver. Une partie viendra du fédéral, le reste des Communautés et des Régions.

Le problème, c'est que les entités fédérées ne semblent pas prêtes à contribuer. Les ministre-présidents de la Région bruxelloise, Rudi Vervoort, et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte, n'étaient même pas présents à la présentation du Pacte par Charles Michel, ils sont pourtant concernés au premier plan. Du côté de la Région flamande, pour le ministre-président, Geert Bourgeois, c'est clair, il n'y aura pas d'argent flamand supplémentaire: "Je ne sais pas d'où va venir cet argent supplémentaire annoncé. Nous, on a pas attendu ce pacte pour investir, la Région flamande investit déjà beaucoup. Mais il n'y aura pas d'argent en plus".

Le gouvernement fédéral, de son côté, compte sur les effets retour. L'argent investi doit créer des emplois et de la croissance dont les recettes pourront elles-mêmes être réinvesties. "Chaque euro que nous investissons aujourd'hui précise Michel Delbaere le président du Comité stratégique qui a piloté l'élaboration de ce pacte d’investissement devrait, dans 10 ans, avoir une retour de 1,7€ et dans 20 ans, de 2,7€. Et c'est le Bureau du Plan qui le dit".

Une grosse moitié d’investissement privé

L'autre grosse moitié (55%) devrait venir d'investisseurs privés: des banques, des fonds de pensions, des compagnies d'assurance. Pour le patron de Belfius par exemple, Marc Raisière, par ailleurs membre du comité stratégique, c'est le bon moment de solliciter ce genre de participation privée: "les liquidités sont présentes, le capital est présent en matière d'investissement, et les taux d'intérêts sont historiquement bas."

La promesse politique du pacte: rassurer les investisseurs privés

Des investisseurs privés qui sont d'ailleurs demandeurs d'après Pieter Timmermans, l'administrateur-délégués de la Fédération des Entreprises de Belgique: "il y a une vraie demande de pouvoir collaborer pour les grands projets de développement d'importance stratégique pour le pays. Mais on ne peut pas convaincre un investisseurs privés de participer à un projet qui met plus de 10 ans à se concrétiser, il faut aller plus vite et être plus cohérent". C'est précisément la promesse politique de ce pacte: rassurer les investisseurs privés. 

Reste à voir si les annonces du gouvernement convaincront. Reste à voir, aussi, si le contexte favorable, la disponibilité des liquidités, les taux d'intérêt bas persisteront jusqu'en 2030, durée sur laquelle le pacte court. Et puis reste à voir, surtout, si les prochains gouvernements maintiendront la trajectoire annoncée aujourd'hui. Le changement et l’incertitude est sans doute ce qui fait le plus fuir les investisseurs.

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