Ouvertures de magasins bio en cascade: ne va-t-on pas vers une saturation?

Ouvertures de magasins bio en cascade: ne va-t-on pas vers une saturation?
Ouvertures de magasins bio en cascade: ne va-t-on pas vers une saturation? - © Farm

Les ouvertures de magasins bio se succèdent. Mercredi soir, avait lieu l'inauguration à Louvain-la-Neuve d’un supermarché coopératif bio. Ce jeudi matin, un marché couvert 100 % bio à Etterbeek. Deux événements en moins de 24 heures:  on ouvre effectivement des magasins bio un peu partout pour répondre à la demande des consommateurs.

Trop? pas encore, selon Pierre-Alexandre Billiet, patron du groupe Gondola: "Je ne pense absolument pas qu’on est arrivé aujourd’hui au point de saturation. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a un point d’équilibre qui sera atteint relativement rapidement puisque le pouvoir d’achat du consommateur n’est pas extensible et la partie qu’il dépense à l’alimentaire n’est pas extensible non plus. Donc on parle bio, mais il faut savoir que dans son portefeuille il y a l’e-commerce aussi, il y a livraison à domicile de tout ce qui est alimentaire, donc il n’y a pas que le bio en fait. Le bio doit se placer dans un des paramètres qui est un des critères d’achat du consommateur."

Deux stratégies différentes

Et l'investissement des grandes dans le secteur ne met pour le moment pas en danger les tout petits commerces bio: il y a de la concurrence, mais plutôt à la marge parce qu’entre les supermarchés et les magasins bio spécialisés, il y a en fait 2 stratégies complètement différentes: "La grande distribution a plus une stratégie de consommation de masse, et donc là on va proposer des produits bio aux consommateurs, qui sont des produits avec une légère valeur ajoutée, mais essentiellement on va vendre beaucoup de ces produits à des prix relativement bon marché. Et puis on a cette petite distribution qui à 1, 2, 3, 4, 5 magasins placés à des endroits stratégiques et qui va vendre des produits plus spécifiques à une plus grande valeur ajoutée et à des prix plus importants, à prix consommateur plus élevé aussi. Donc ce sont 2 stratégies complètement différentes".

Entre les deux, c’est parfois plus difficile: Bio Planet, une vingtaine de magasins en Belgique, appartient au groupe Colruyt, qui a dû injecter plusieurs dizaines de millions d’euros dans sa filiale pour éponger ses pertes et lui donner les moyens de poursuivre son expansion: ces magasins ne sont pas suffisamment grands pour acheter des volumes gigantesques et peser sur les prix des fournisseurs, et en même temps, trop grands pour se profiler comme la petite boutique du coin bio, très pointue, avec une offre très locale.

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