OPA sur Club Med: Serge Trigano vote Bonomi et reviendrait aux affaires

Dans un entretien au JDD daté de dimanche, l'ancien PDG du Club indique qu'à ses yeux "l'offre d'Investindustrial est la plus séduisante et la plus intéressante pour les actionnaires", notamment parce qu'elle "ouvre au groupe des perspectives qui ne sont pas que chinoises et haut de gamme".

Cette pique vise l'offre concurrente lancée en mai 2013 par le fonds d'investissement français Ardian et le conglomérat chinois Fosun, actionnaires de longue date du Club Med et associés dans cette OPA à l'actuel PDG du Club Henri Giscard d'Estaing et 400 manageurs de l'entreprise.

Pour Serge Trigano, 68 ans, l'offre italienne est "plus en phase avec ses racines sans être pour autant passéiste" et donne à l'entreprise "plus de moyens pour assurer son développement".

L'ancien PDG des clubs de vacances, qui avait succédé à Gilbert Trigano de 1993 à 1997 avant d'être chassé par les actionnaires, assure que l'identité française du Club Med sera ménagée: "Les Bonomi savent que c'est essentiel", mais il entend aussi ne "rien exclure, sauf l'hôtellerie urbaine qui ne colle pas avec son ADN".

Fondateur et patron avec ses fils des hôtels branchés Mama Shelter, qu'il a lancés avec le designer Philippe Starck, il annonce aussi son retour au sommet du Club Med si l'offre italienne l'emporte: "J'ai décidé d'accepter la présidence non opérationnelle", dit-il en précisant qu'une de ses "priorités sera notamment de défendre le rôle unique des GO (les Gentils organisateurs, ndlr) dans cette entreprise".

Dans ce scénario, M. Trigano investirait dans Club Med: "Je n'ai pas vocation à devenir un gros investisseur mais je ne m'imagine pas en actionnaire marginal et j'entrerai au capital avec mes fils", prévient-il dans cette interview au JDD.

"Je regarde vers l'avenir et je suis convaincu qu'avec Investindustrial et les Bonomi, nous allons à nouveau faire du Club une marque cool et attractive, quel que soit le nombre de Tridents", dit-il. "Les Bronzés c'est fini depuis longtemps. Il faut écrire un nouveau scénario".

L'apparition de Serge Trigano, dont le nom est historiquemet lié au Club Med, renforce le camp Bonomi dans la bataille des OPA qui se joue autour de l'entreprise.

En proposant 21 euros par action Club Med début juillet, M. Bonomi et ses partenaires ont renchéri sur l'offre amicale de 17,50 euros lancée en mai 2013 par le tandem Ardian-Fosun, soutenu par Henri Giscard d'Estaing.

Serge Trigano, qui avait succédé à son père lors de la démission de ce dernier après de 30 ans de règne, avait été chassé après quatre ans par les actionnaires - dont à l'époque la famille Agnelli - qui le considéraient comme un "petit" gestionnaire et lui reprochaient de ne pas savoir redresser l'entreprise familiale.

AFP

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