ONEM: moins de chômeurs indemnisés en 2014, bonne affaire pour le fédéral?

Si le nombre de demandeurs d'emploi indemnisés est resté stable, à 458 642, le nombre de non demandeurs d'emploi indemnisés a considérablement reculé, tant chez les chômeurs plus âgés dispensés (-17,6%) que chez les chômeurs avec complément d'entreprise dispensés (-4,3%).

Outre l'évolution démographique, l'ONEM avance deux raisons pour expliquer cette baisse. La Belgique a retrouvé une croissance modérée (1%) l'an dernier et certaines réformes, "notamment en matière d'activation", se font sentir. Mais on n'évoque nulle part d'éventuelles exclusions ou pertes de droits comme raison de la baisse du nombre de chômeurs "indemnisés". Il existe en effet de nombreux cas dans lesquels des chômeurs cessent d'être des "chômeurs indemnisés" sans pour autant avoir trouvé de l'emploi.

Nombre de chômeurs en hausse en Flandre

Pour les chômeurs complets indemnisés demandeurs d'emploi, le bureau relève une hausse de 3,4% en Flandre et des baisses en Wallonie (-1,9%) et à Bruxelles (-1,6%).

La conjoncture économique plus favorable et l'hiver assez clément de 2014 ont par ailleurs contribué à faire baisser de 27,8% en un an le nombre de jours de chômage temporaire, avance l'ONEM.

Le succès des congés thématiques (congé parental et congé pour assistance médicale) ne s'estompe pas avec une hausse de 2,5% du nombre de travailleurs percevant des allocations d'interruption pour ce type de congés. "L'annonce d'une réforme prévoyant des conditions d'accès plus strictes pour le crédit-temps et pour l'interruption de carrière en 2015 a entraîné un afflux de demandes au cours des derniers mois de l'année", détaille l'Office.

L'ONEM a lui même... perdu 10% de ses effectifs en cinq ans

Enfin, le dispositif des titres-services a connu pour la première fois une légère diminution de son utilisation (-0,9% de titres remboursés). Le nombre d'entreprises agréées actives a sérieusement diminué (-11,6%) alors que le nombre d'utilisateurs actifs poursuit une légère progression (+2,6%).

Précisant que les effectifs de son institution avaient baissé de 10% en cinq ans, l'administrateur général, Georges Carlens, a insisté sur le fait que le volume de travail était loin de baisser malgré une diminution de 3,5% du nombre total d'allocataires à charge de l'ONEM, à 1 226 054.

"L'augmentation des transitions sur le marché du travail génère davantage de demandes à traiter. (...) Le traitement des demandes d'allocations est devenu beaucoup plus complexe depuis l'introduction des réformes en matière de dégressivité des allocations de chômage et des réformes en matière d'allocations d'insertion", explique l'ONEM dans son rapport.

Les dépenses totales de l'ONEM, pour ses différents allocataires et les titres-services, ont reculé de près d'un demi-milliard d'euros en 2014 pour atteindre 10,987 milliards.

Pour 2015, l'ONEM, à l'instar d'autres administrations publiques fédérales, sera soumis à des "économies drastiques", impliquant notamment une réduction de 4% de son budget de personnel et de 20% de son budget de fonctionnement. Quant au marché du travail, si plusieurs indicateurs de l'an dernier laissent entrevoir une "évolution favorable", l'ONEM pointe tout de même des "problèmes structurels importants" en comparaison avec les autres pays européens, notamment la faible progression de la réinsertion des groupes à risque et la forte dispersion des taux de chômage entre régions. M. Carlens a également appelé à une simplification des réglementations en vigueur sur le marché du travail.

Pour Kris Peeters, la politique de contrôle et de sanction est au niveau maximal

La baisse des dépenses de l'ONEM en 2014 pourrait être suivie d'une baisse de 260 millions d'euros en 2015, avec des répercussions positives sur le budget de l'Etat, a relevé jeudi le ministre de l'Emploi Kris Peeters.

La baisse des dépenses de l'ONEM s'est élevée à 451 millions l'an dernier. "Vu que les dépenses totales de l'ONEM représentent, hors titres-services, 2,4% du produit intérieur brut (PIB), ces chiffres ont un impact favorable sur le budget", a-t-il commenté. Kris Peeters y voit une preuve d'efficacité de la politique de contrôle et de sanction menée par l'ONEM. "Cette politique est aujourd'hui appliquée à son maximum", a toutefois relevé le chrétien-démocrate flamand.

RTBF avec Belga

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