Oeufs contaminés au fipronil: les premiers échantillons dataient du 15 mai

"La première contamination au fipronil dans notre pays a déjà été constatée à la mi-mai par une entreprise privée", a déclaré le député européen Bart Staes (Groen) au micro de la VRT. Selon lui, la Belgique a mis un mois et demi avant de prévenir les pays voisins.

"Les premières mesures au sein de cette entreprise privée le 15 mai indiquaient des valeurs de fipronil entre 0,0031 et 1,2 mg", explique Bart Staes. Des chiffres qui ne correspondent pas aux valeurs publiées par l'Afsca lundi

Jean-Marc Nollet, sur Twitter, fait la même constatation, document à l'appui.

Dans une réaction, l'Afsca souligne qu'elle n'a été mise au courant d'une contamination potentielle d'oeufs que le 2 juin, date de la notification de l'entreprise. L'agence insiste sur le fait que personne ne savait que du fipronil se trouvait sur des oeufs le 15 mai, car c'est à ce moment là que les premiers échantillons ont été prélevés lors d'un contrôle standard et qu'ils ont été envoyés pour analyse au laboratoire.

La Belgique a-t-elle traîné ?

Le problème pour Bart Staes est le temps mis par la Belgique à enclencher le système d'alerte rapide européen pour les produits dangereux. "Les autres Etats membres ont été prévenus le 20 juillet. Des informations complémentaires ont été fournies le lendemain, avant que des questions ne soient formulées par l'Allemagne et les Pays-Bas le 27 juillet."

L'élu fustige "la réaction extrêmement lente" de la Belgique. "Un mois et demi me semble une bien longue période pour réfléchir. Ils auraient dû intervenir bien plus vite", estime-t-il. "La lenteur de la réaction belge a suscité une certaine forme de panique au sein des autres Etats membres."

La Commission européenne n'a en effet pas été avertie avant le 20 juillet, a confirmé mardi une porte-parole de l'exécutif européen. Une enquête est ouverte pour vérifier si la Belgique a manqué à son obligation d'avertir le plus rapidement possible les autorités européennes.

"Une enquête est en cours pour établir quand précisément les autorités belges ont été mises au courant" de ce problème de contamination d'oeufs par le fipronil, a indiqué Mina Andreeva lors du point presse quotidien de la Commission. S'il s'avérait que la Belgique a manqué à ses obligations d'avertir le plus rapidement possible les autorités européennes de ce problème sanitaire, une procédure en infraction pourrait être ouverte. Mais il est trop tôt pour affirmer que ce sera le cas, a souligné une autre porte-parole, Anna-Kaisa Itkonen.

Etre au courant en juin et transmettre l'information seulement fin juillet, ce n'est pas le but du système. Ce n'est pas acceptable et ça ne peut pas durer

Le commissaire européen à la Sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, a déjà pris contact avec les ministres allemand et néerlandais de l'Agriculture et prendra contact, mardi dans l'après-midi, avec leur homologue belge, Denis Ducarme. Celui-ci devait encore avoir une conversation téléphonique avec son homologue allemand dans le courant de la journée de mardi. Les deux pays ont décidé de désigner deux officiers de liaison. Ce sera cependant à l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire de déterminer leurs modalités de travail.

Le ministre allemand de l'Agriculture, Christian Schmidt, souhaite en tout cas que le sujet des oeufs contaminés, et du délai entre l'identification du problème et son signalement, soit abordé au niveau européen. "Etre au courant en juin et transmettre l'information seulement fin juillet, ce n'est pas le but du système. Ce n'est pas acceptable et ça ne peut pas durer", a-t-il indiqué à l'agence Reuters.

La prochaine réunion - informelle - des ministres européens de l'Agriculture se tiendra du 3 au 5 septembre à Tallinn, la capitale de l'Estonie.

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