Nouvelle cible pour les développeurs d'applis: les 55 ans et +

Eh oui : les 55 ans et + rattrapent leur retard sur les plus jeunes, ils s'équipent en smartphones et tablettes. Pour les opérateurs télécoms, c'est une aubaine selon Vincent Fosty, spécialiste technologies médias télécoms chez Deloitte : " Il y a une opportunité mais il faut admettre un constat : un quart des 55+ qui sont propriétaire d’un smartphone ou d’une tablette n’ont pour l’instant téléchargé aucune application. Ce qui veut dire généralement qu’ils n’ont pas recours à un plan tarifaire qui inclut la data et donc utilisent leur appareil plutôt en mode offline. Pour les inciter à passer en mode " online ", il y a un travail à faire en terme d’éducation et puis, un effet d’entraînement aussi qui doit se créer à partir du moment où cette population interagit avec les autres membres de la famille, avec les amis, avec d’autres et progressivement verront l’intérêt d’utiliser l’appareil en mode connecté." Pour les opérateurs télécoms, l’enjeu est donc bien que cette population passe à des plans tarifaires plus chers avec, par exemple, la 3G et bientôt la 4G.

Le marché des applications

Les opérateurs télécoms ne sont évidemment pas les seuls acteurs intéressés par ce marché balbutiant des 55 ans et +. Les fabricants d’applications sont également concernés. L’idée étant qu’une fois connectés avec leur smartphone ou leur tablette, les 55 + téléchargeront massivement des applications, pour autant bien sûr que les applis correspondent aux besoins des 55 ans et plus. Car aujourd’hui, il y a encore du chemin à parcourir. Bien sûr, dans les millions d’applications disponibles, il y en a évidemment qui rencontrent les besoins de cette catégorie de consommateurs.

Mais pas assez selon Vincent Fosty : " C’est vrai qu’aujourd’hui, si on regarde les magasins d’applications, les appstore, ils sont quand même principalement dominés par des applications de type divertissement, des jeux. Il y a aussi pas mal de services d’information aussi pour lesquels là aussi, l’adoption va se faire progressivement chez les 55 ans et plus, tout simplement parce qu’ils ne se sont pas passés auparavant par des applis sur d’autres types d’appareils. Donc, très logiquement, ils découvrent d’abord les fonctionnalités de l’appareil et puis, progressivement, les services qui leur sont associés. Il ne faut pas non plus sous-estimer la dimension " offre d’applications ". Si on prend vraiment les 55+ ou alors carrément les 65+, là où la proportion de gens qui n’ont jamais utilisé un smartphone autrement qu’offline est encore plus élevée, c’est sûr qu’il y a de la place pour les applications qui ont rapport à la santé, au bien-être ou à des loisirs qui correspondent plus à la tranche d’âge… ça peut être les voyages, la cuisine, la santé, le jardin… Il n’y a pas une offre pléthorique aujourd’hui. "

Le marché des applications mobiles est gigantesque. Il pèse 17,5 milliards d'euros en Europe pour le moment, il devrait atteindre 63 milliards d'euros en 2018 selon une étude de la commission européenne et employer pas loin de 5 millions de personnes. En Belgique, la fédération technologique Agoria a d’ores et déjà recensé 150 entreprises spécialisées dans les apps et quelque 1000 développeurs. Et elle note une évolution intéressante : " Alors que jusqu’à il y a peu, les apps étaient principalement des applications à destination des consommateurs, elles sont en train de conquérir le marché B2B (Business to Business) et sont de plus en plus utilisées dans des processus de production. "

De nouveaux développement prometteurs donc pour l’industrie technologique, à condition toutefois de trouver une solution aux pénuries de personnel qualifié, très aigues dans ce secteur, en Europe en général et en Belgique en particulier.

Michel Gassée

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