Nos véhicules électriques sont-ils dans le viseur des assurances ?

Crash test Suisse.
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Crash test Suisse. - © Axa / Melanie Duchene

Si vous possédez un véhicule électrique, ou si vous comptez en acheter un dans un temps proche, de récents chiffres venus de Suisse posent question ? Selon la branche suisse de l’assureur AXA, "les véhicules électriques de luxe et les SUV électriques provoquent 40% d’accidents de plus que les voitures traditionnelles" rapporte le quotidien Les Echos.

Des chiffres à pondérer, cependant, car les petits véhicules électriques eux "causent 10% d’accidents de moins que les véhicules à essence similaires. Au total donc, le taux d’accidents pour les voitures électriques est, de manière générale, les mêmes que pour les voitures traditionnelles".

Axa a réalisé des crash-tests pour identifier les causes spécifiques des accidents de véhicules électriques

Des crash-tests spécifiques ont été réalisés en août 2019 ont montré que si ces nouvelles voitures sont globalement aussi sûres que celles à moteur à combustion, elles ont des spécificités à l’origine de certains accidents.

"L’accélération maximale est directement disponible, alors que pour les moteurs à combustion, même très puissants, il faut un moment avant de l’atteindre", explique Bettina Zahnd, responsable Recherche accidentologique et Prévention de l’assureur. "Le conducteur d’une voiture électrique se trouve sur une route secondaire et souhaite accélérer légèrement à l’approche d’un virage à droite. Or la voiture électrique accélère plus rapidement que prévu, ce qui surprend le conducteur, qui dévie de sa trajectoire et se retrouve sur la voie opposée. La voiture arrivant en sens inverse ne peut plus freiner à temps ni l’éviter. Les deux véhicules, qui roulent à environ 70 km/h, entrent en collision frontale. Les deux véhicules de tourisme sont fortement déformés. Les conducteurs sont certes protégés par leur ceinture et les airbags, mais ils risquent des blessures moyennes à graves".

"De plus, le recours au système d’assistance de conduite, fréquent chez les conducteurs de véhicules électriques, entraîne un excès de confiance dans le système et un manque de réaction dans des situations à risque" poursuit Bettina Zahnd.

Selon un règlement de l’Union Européenne, tous les nouveaux types de véhicules hybrides et électriques doivent être équipés d’un signal d’avertissement acoustique (Acoustic Vehicle Alerting System ou AVAS) afin de protéger les piétons depuis juillet 2019. Cette obligation ne concerne toutefois pas les anciens modèles. "Nous conseillons aux propriétaires d’une voiture électrique silencieuse de l’équiper d’un générateur de son afin que les autres usagers de la route l’entendent", explique Bettina Zahnd.

Enfin, les batteries des véhicules électriques "sont extrêmement inflammables". Elles peuvent prendre feu jusqu’à 48 heures après une collision, "provoquant ainsi plus de dommages, avec notamment les émissions toxiques qui en émanent".

 

Payer plus cher son assurance pour un véhicule électrique ?

Ces risques nouveaux représentent de véritables défis pour les assureurs suisses qui annoncent vouloir continuer les recherches "Nous prendrons des mesures [relatives aux offres d’assurance, ndlr] dès que nous serons sûrs que les tendances sont significatives ou dès que nous verrons que les coûts des accidents impliquant des véhicules électriques sont nettement plus onéreux que d’autres".

Mais ce n’est pas encore le cas. Les assureurs helvètes proposent même aujourd’hui des offres moins chères pour assurer les véhicules électriques affichant une plus faible autonomie, donc des trajets moins longs et une vitesse de conduite réduite.

L’assureur propose ainsi en France 30% de réduction sur les véhicules électriques. Chez nous certains systèmes d’aide à la conduite bénéficient de réduction de 5 à 7% sur le tarif d’une assurance.

 

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