Nos entreprises ont-elles souffert des sanctions économiques imposées à la Russie?

La Coupe du monde en Russie, c'est parti! C'est l'occasion de se poser une question : nos entreprises ont-elles souffert des sanctions économiques imposées à la Russie après l’annexion de la Crimée en 2014 et de l’embargo que la Russie a mis en place en réponse à ces sanctions?

La réponse est oui. Surtout nos entreprises exportant des produits agricoles : viande, produits laitiers, fruits (on a beaucoup parlé des poires à l’époque). Ils représentaient environ 6% des exportations wallonnes vers la Russie avant les sanctions. Aujourd’hui, c’est la moitié et pourtant, malgré cette baisse des exportations agricoles, les exportations wallonnes en général sont reparties à la hausse l’année passée. 

"Avec une croissance de 34% de nos exportations, ce qui a permis à la Russie de récupérer la 19e place des pays clients de la Wallonie, et cela ramène la Russie à la place qu’elle occupait au moment de l’instauration de l’embargo et des sanctions américaines et européennes vis-à-vis de ce pays. C’est dire que nos entreprises continuent à exporter, même si dans certains secteurs un ralentissement a été enregistré", explique Chantal De Bleu, directrice générale à l’Awex, l’Agence wallonne à l’exportation.

Forte récession en 2015 et 2016

Il y a donc un ralentissement pour les produits agricoles, mais pas pour les produits chimiques, pour les produits pharmaceutiques, ni pour les machines. Ces secteurs représentent à eux seuls environ la moitié des 300 millions d’euros d’exportations wallonnes vers la Russie en 2017. Pour Chantal De Bleu, en tout cas, plus encore que la combinaison embargo-sanction, ce qui a vraiment pesé sur nos exportations ces dernières années est la forte récession que la Russie a connue en 2015 et en 2016.

"Pour moi, c’est plus la situation économique du pays qui a engendré les déductions qu’on a connues en 2014-2015. On a eu une légère reprise en 2016 et en 2017 c’était une belle reprise et on espère pouvoir continuer sur la lancée, compte tenu des actions qu’on mène aussi en Russie et on voit l’intérêt grandissant de nos entreprises pour ce pays. On vient de faire, par exemple, un séminaire sur la Russie sur quelle stratégie d’approche du marché et la salle était comble".

Il faut dire qu’avec la forte augmentation des prix du pétrole, la Russie retrouve des moyens financiers et une croissance économique assez solides. Or, le pays a besoin d’investir. La Russie a par exemple besoin d’innovations technologiques, sans doute pas au niveau militaire ou dans l’énergie — quoique — mais dans d’autres domaines, par exemple l’agriculture. En d’autres termes, il y a des marchés à conquérir.
 

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