Nos besoins du confinement ont provoqué une pénurie de silicium. Mais qu’est-ce que c’est ?

Vous avez peut-être entendu parler du silicium, symbole "Si", lors de l’apprentissage de votre tableau périodique à l’école ? Cet élément chimique intervient dans la composition de multiples matériaux de pointe allant des alliages d’aluminium aux semi-conducteurs en passant par les silicones et les cellules photovoltaïques.

Le silicium est l’un des principaux constituants de la croûte terrestre après l’oxygène. Extrait sous forme de quartz et transformé ensuite en "silicium métal" par électrométallurgie, il est utilisé dans le secteur automobile, le transport maritime, le bâtiment, les équipements ménagers, les câbles électriques, le matériel informatique ou encore l’aviation.

La Chine est l’un des leaders mondiales en production de silicium métal mais depuis quelques mois, les producteurs font face à une importante pénurie de semi-conducteurs qui est donc du silicium métal.

Quelles sont les causes de cette pénurie ?

Une plus faible production de semi-conducteurs est l’une des causes de cette pénurie. Les stocks des fabricants se seraient retrouvés à un faible niveau. Pourquoi ? Certains l’expliquent à travers la baisse du prix du silicium en 2019.

Mais avec l’arrivée de la crise sanitaire, les demandes ont explosé. Le monde entier étant confiné, les gens voulaient tous s’offrir un nouvel ordinateur, une nouvelle tablette, un nouveau GSM, des nouvelles consoles et d’autres appareils électroniques pour pouvoir s’occuper et/ou travailler de chez-soi. Cette pénurie a donc naturellement provoqué une hausse des prix de semi-conducteurs explique le Wall Street Journal. Les grands du secteur en ont donc profité et ont enregistré des résultats records.


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Mais suite à cette rupture de stock, les fabricants de semi-conducteurs appellent leurs clients à la patience alors qu’ils font face à une forte hausse de la demande des constructeurs de tous les secteurs, de l’automobile à l’électronique grand public.

Le secteur automobile et l’électronique touchés de plein fouet

Les constructeurs automobiles du monde entier sont perturbés par une pénurie de puces, dont les producteurs donnent la priorité aux fabricants de produits électroniques comme Apple ou Samsung. Depuis que l’épidémie de coronavirus a éclaté, ces dernières entreprises ont en effet constaté une augmentation de la demande en smartphones et autres produits tels que les ordinateurs portables, les consoles de jeux et les téléviseurs intelligents, rapporte l’agence de presse financière Bloomberg.

Le secteur automobile n’a pas commandé suffisamment tôt ce dont il avait besoin et les fabricants d’électronique ont la préférence des producteurs de puces car leurs commandes sont plus importantes que celles des constructeurs automobiles. Le marché des smartphones représente, par exemple, à lui seul plus d’un milliard d’appareils par an, tandis que celui de l’automobile équivaut à une production annuelle de moins de 100 millions de voitures.
 
Et en raison de cette pénurie, plusieurs industries ont dû réduire leur activité dans plusieurs usines. C’est le cas chez Ford, Nisssan, Mazda, Renault ou encore PSA. D’après Les Echos, les deux constructeurs français vont mettre à l’arrêt plusieurs chaînes de montage dans leurs usines pour deux à trois jours et ce, dès la semaine prochaine. Toujours d’après le quotidien français, sur l’ensemble du secteur, la production pourrait être amputée de 670.000 voitures au premier trimestre, selon une évaluation d’IHS Markit.

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Du côté des consoles de jeux, même constat. Vous avez peut-être remarqué qu’il n’était pas facile de se procurer la dernière Playstation ou d’autres consoles sans oublier le début du déploiement des réseaux 5G (la nouvelle génération de téléphonie mobile) et l’arrivée de nouveaux smartphones sur le marché. Comme le souligne le quotidien Le Monde, toutes ces "nouveautés" provoquent également une saturation du marché. Il s’agirait même d’une "tempête" liée à la sortie de ces produits fin 2020, explique Phil Amsrud, analyste chez IHS Markit au quotidien français.

Une crise qui n’est pas prête de s’arrêter

Début décembre, le fournisseur automobile allemand Continental a déclaré qu’un rebond de la demande chinoise suite à une baisse mondiale des ventes causée par COVID-19 entraînait une pénurie de semi-conducteurs qui pourrait entraîner des goulots d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement jusqu’en 2021, lit-on sur Reuters.

"Bien que les fabricants de semi-conducteurs aient déjà répondu à la demande inattendue avec des augmentations de capacité, les volumes supplémentaires requis ne seront disponibles que dans six à neuf mois", a déclaré Continental à propos de l’offre de semi-conducteurs.

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