Monnaie virtuelle: la monnaie Bitcoin effraie le monde politique

Le Bitcoin, cette monnaie qui a une odeur de souffre
Le Bitcoin, cette monnaie qui a une odeur de souffre - © GEORGE FREY - IMAGEGLOBE

Distributeurs automatiques, fonds d’investissement, rapport du FBI et de la BCE… Le Bitcoin revient sous les feux de la rampe. Et pas que pour de bonnes raisons.

Le Bitcoin est une monnaie alternative, comme il en existe un peu partout dans le monde. Le Sol en Europe, l’Epi, le Nibor, le Robin…. Il y aurait  ainsi 4000 de ces monnaies que l’on dit "complémentaires" dans le monde.

Mais le Bitcoin est une cryptomonnaie numérique, à comparer avec le dollar Linden, cette monnaie d’échange utilisée dans le jeu de simulation en ligne "Second Live".

Le Bitcoin était revenu sous les feux de l’actualité lors de son crash en mai dernier. Son cours avait alors dévissé de 61%. Venant de 266 dollars en avril, il se situe aujourd’hui autour de 55 dollars.

Nouvelle notoriété

Depuis les vacances, le Bitcoin fait à nouveau parler de lui. La startup Lamassu Bitcoin Ventures a présenté un prototype de distributeur de Bitcoins à Londres: il suffit de scanner le code QR de son compte Bitcoin depuis un GSM, d’insérer un billet dans la machine et après 10 à 20 minutes, la transaction est effectuée ou le compte est crédité.

On annonce aussi un fonds d’investissement de 20 millions de dollars émis en Bitcoins. La demande a été déposée le 1er juillet par les frères Winklevoss, bien connus dans le monde IT, notamment pour leurs procès contre Facebook.

Si la demande est acceptée par la SEC, le WBT (le nom du fonds) distribuera des actions indexées sur le cours de l’or. C’est ce qui fait dire à l'économiste Paul Krugman (qui rejette le concept) que le  "Bitcoin réintroduit l'étalon or", une mesure qui avait été abandonnée dans le monde après la guerre.

Le Bitcoin favoriserait le commerce illégal

De plus en plus, le Bitcoin inquiète le régulateur financier américain. Cette monnaie est surtout utilisée pour acheter des biens et services de manière anonyme et souvent illégale. Les vendeurs de drogues en ligne l’apprécient, mais aussi les libertariens américains, qui y voient une alternative à un dollar contrôlé par la FED, la banque centrale américaine.

Dans le même temps, l’administration Obama s’inquiète de l’absence de contrôle et de centralisation de ce système. Fin juin Jon Matonis, de la Bitcoin Foundation, a reçu une lettre en cessation envoyée par l'Etat de Californie, qui l’accuse de favoriser un commerce monétaire illégal. Avec de sérieuses menaces d’astreintes s’élevant de 1000 à 2500 dollars par jour ou par transmission monétaire constatée.

Une action fédérale pourrait aussi être entreprise contre la fondation, qui pourtant n’a aucun contrôle sur ces flux.

La FBI a déjà rédigé un rapport sur cette monnaie, tout comme la  BCE (la Banque centrale européenne), qui voit dans ces monnaies internet une réelle menace pour la crédibilité de l’euro.

Une monnaie entièrement décentralisée

Le Bitcoin est une monnaie sans autorité chapeautée par une fondation, mais sans banque centrale pour en contrôler la diffusion. Elle repose sur un système de chiffrage qui prétend garantir qu’une pièce virtuelle qui devient la propriété d’une personne n’appartient plus à une autre. Une garantie très théorique, puisque des hackers ont déjà piraté des portefeuilles virtuels. L’équivalent de 250 000 dollars a été détourné. Certains se demandent d’ailleurs si, en créant leur fonds de placement, les frères Winklevoss ne constituent pas le plus gros facteur de risque. Ils sont connus comme le loup blanc dans le monde high tech et pourraient attirer les hackers de tous les pays. Pirater le Winklevoss Bitcoin garantirait à celui qui y parvient une notoriété dans tout l’univers  internet.

Quelles répercussions pour l’avenir ?

Si la procédure conduite contre la fondation du Bitcoin aboutit, ce sont toutes les monnaies alternatives qui seraient mises à l’index.

Mais l’argent internet correspond aussi à une vision politique. Le fondateur suédois du parti pirate qui ambitionne de créer une démocratie de l’internet, assure que les monnaies cryptées sont inscrites dans les astres et seront généralisées dans 10 ans.

Jean-Claude Verset

 

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