"Mon beau sapin"… wallon : la culture des sapins de Noël expliquée en chiffres

Les producteurs de sapins se préparent à l’arrivée de Noël en ce mois de novembre. Si vous achetez un sapin, il y a de fortes chances que cet arbre ait poussé en Wallonie. Les producteurs de sapins wallons sont en plein travail en ce moment et beaucoup d’arbres, ceux qui sont vendus avec la motte notamment, ont déjà été sortis de terre et les autres ne vont pas tarder à être coupés.

En tout, ce sont plus de 3,5 millions de sapins qui seront coupés en Wallonie cette année pour les fêtes. Aujourd’hui, ce sont essentiellement des sapins Nordmann, et non plus le traditionnel épicéa avec ses fines aiguilles qui sentent très bon, mais qui tombent aussi très vite.

Tous ces sapins ne sont pas destinés à la Belgique. Avec un tel stock, il y a très largement moyen de combler la demande interne de sapins de Noël chez nous. Celle-ci est estimée à 800.000 sapins environ, selon l’Union ardennaise des pépiniéristes.

Exportations vers la France

Seuls 20% des sapins qui ont poussé en Wallonie resteront effectivement en Belgique. Le reste, 80% de la production de sapins wallons, part à l’exportation, ce qui fait de la Belgique le deuxième pays exportateur de sapins en Europe derrière le Danemark.

Les clients à l’exportation de ces sapins wallons sont surtout français. Deux tiers des sapins exportés prennent directement la direction de la France.
Même si la culture du sapin se professionnalise chaque année et qu’il y a du travail toute l’année avec les tailles, l’entretien, le marquage et la commercialisation qui a déjà lieu en été, cela reste tout de même un travail qu’on imagine très saisonnier. Mais en équivalent temps plein, cela représente 1000 emplois en Wallonie, directs et indirects. C’est un secteur qui pèse environ 50 millions d’euros par an, avec des variations de 10% selon les années.

"En termes d’hectares, c’est une toute petite culture. La surface agricole utile (SAU), représente 710.000 hectares et nous représentons 3000 à 3120 hectares. Donc, d’après mes calculs, on est à 0,43% de la SAU. C’est une toute petite culture, centralisée en Ardenne. Un peu comme la fraise de Wépion est centralisée dans le Namurois, la production de sapins est plutôt ardennaise", explique Didier Ernould, le gestionnaire de l’Union ardennaise des pépiniéristes.

Peu d’impact CO2

Ce sont souvent des petites parcelles cultivées avec des terres moins riches ou moins accessibles, en tout cas qui ne conviendraient pas toujours pour une culture intensive de céréales par exemple. Selon Didier Ernould, c’est aussi une culture qui n’a que peu d’impact en termes d’émissions de CO2 puisqu’elle capte plus de dioxyde de carbone qu’elle n’en rejette.

Rester compétitif, c’est l’un des grands défis de ce marché. Les marges ne sont pas énormes pour les producteurs. La clientèle est de plus en plus exigeante sur la forme du sapin. Le client veut un cône parfait.

L’Union ardennaise des pépiniéristes tente aussi de réduire les intrants nécessaires, donc les engrais ou les produits phytosanitaires, à la fois pour des raisons économiques – parce que ça coûte tout simplement cher – mais aussi pour des raisons écologiques. Et cette culture demande une certaine prévision, c’est évidemment du long terme. Le sapin moyen que le Belge achète a généralement sept ans. À méditer lorsque vous décorerez votre sapin dans votre salon.

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