Mohamed Takhim : "Le développement d'Ecophos a nécessité beaucoup de persévérance"

Mohamed Takhim a créé le groupe Ecophos en 1996. Il n’avait pas encore vingt ans, il n’avait pas encore son diplôme d’ingénieur. Aujourd’hui, son groupe emploie 350 personnes, réalise un chiffre d’affaires (2017) de 150 millions d’euros. En quelques années, Ecophos a ouvert des usines un peu partout dans le monde, en Bulgarie, en Chine, en France, bientôt en Inde et en Egypte, mais pas en Belgique. "J’ai pourtant essayé d’investir dans une unité de production en Belgique, explique Mohamed Takhim, mais je n’ai pas trouvé les terrains nécessaires près d’un port. Il ne faut pas oublier que notre industrie travaille sur des volumes énormes, les coûts de la logistique sont donc très importants, d’où la nécessité de s’installer près d’un port."

Après des recherches en Allemagne, aux Pays-Bas, Ecophos a donc choisi finalement le site de Dunkerque. Cela dit, Ecophos reste très présent en Belgique, où il emploie 150 personnes à son quartier général de Louvain-la-Neuve. C’est là aussi que se trouve son principal centre de recherche et développement.

La valeur ajoutée d’Ecophos

Le développement industriel d’Ecophos s’est accéléré autour de 2010. "Il a fallu du temps pour qu’Ecophos prenne son envol, souligne Mohamed Takhim. Une quinzaine d’années et 45 millions d’euros investis dans le développement de notre procédé industriel, un procédé qui permet de récupérer le phosphate dans des minerais assez pauvres en matières premières mais pas chers, entre 30 et 40 dollars la tonne, alors que le minerai standard, riche en phosphate, coûte lui 150 dollars la tonne."

Ce n’est pas le seul intérêt du procédé industriel développé par Ecophos. Il y a aussi le côté environnemental, la réduction du volume des déchets liés à l’extraction des phosphates. Au lieu de générer 6 tonnes de déchets pour 1 tonne de phosphates, Ecophos promet de ne générer que… 30 kilos.

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