Mission économique en Argentine: pourquoi faire des affaires dans un pays en crise?

Une manifestation contre les négociations entre le FMI et le gouvernement argentin, à Buenos Aires, le 17 mai 2018.
Une manifestation contre les négociations entre le FMI et le gouvernement argentin, à Buenos Aires, le 17 mai 2018. - © EITAN ABRAMOVICH - AFP

Le dossier d’Écomatin était consacré ce mardi à l'Argentine, à quelques jours du départ d’une mission économique belge emmenée par la princesse Astrid. 

C’est une des missions économiques importantes de l’année, mais elle tombe à un mauvais moment. L’Argentine est en pleine crise économique. Sa monnaie, le peso, a perdu environ un tiers de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année. L’inflation s’envole, les taux d’intérêt aussi et les déficits budgétaires se creusent.

Nabil Jijakli, directeur général adjoint de l’assureur-crédit Credendo, pointe trois éléments pour expliquer ce phénomène :

  1. "La hausse des taux progressive du dollar américain conjuguée aussi avec un renchérissement de la valeur du dollar;
  2. Le prix du pétrole qui a augmenté. L’Argentine est un importateur de pétrole;
  3. Le partenaire principal est le Brésil, qui ne va pas beaucoup mieux. Tout ça explique donc que les déséquilibres argentins soient de nouveau importants et on assiste actuellement à un exode des capitaux en US dollars de l’Argentine. C’est donc vraiment une perspective assez négative pour l’instant."

La situation économique de l'Argentine est tellement dégradée que le pays a dû faire appel au Fonds monétaire international (FMI). Celui-ci est pourtant détesté par une grande partie de la population en Argentine. Mais la situation est telle que l'Argentine n'a eu d'autre choix que d'accepter les 50 milliards de dollars fournis par le FMI.

Des marchés à conquérir

Comment expliquer alors que la princesse Astrid se rende en mission économique sur place ? L’Argentine reste malgré tout la troisième puissance économique d’Amérique du Sud et nos entreprises n’y sont pas assez présentes. Pour les sociétés belges qui prennent part au voyage, il y a des marchés à conquérir. Et ce dans des domaines aussi divers que les biotechnologies, l’aérospatial, l’agroalimentaire, la logistique ou encore l’économie verte.

Mais les Belges qui veulent se lancer sur le marché argentin doivent prendre des précautions. Nabil Jijakli insiste sur le choix du partenaire sur place. Sans oublier d"'avoir éventuellement un paiement qui se passe en devise forte. En tout cas, le peso, je ferais attention", conclut-il.

La mission princière passe aussi par l'Uruguay qui connaît une croissance économique continue depuis 15 ans. Au point que certains l’ont surnommé la Suisse de l’Amérique du Sud.

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