Microsoft, les laptops, les mobiles, la VR et les ransomwares

Patrick Viaene, responsable belge de la plateforme Windows and devices chez Microsoft.
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Patrick Viaene, responsable belge de la plateforme Windows and devices chez Microsoft. - © Tous droits réservés

Lors d’une réunion organisée pour les utilisateurs privilégiés de Windows 10 (les Insiders), Microsoft Belgique a expliqué ses orientations stratégiques et montré quelques nouveautés logicielles et matérielles.  Microsoft n’abandonne pas la version mobile de Windows, vise les utilisateurs graphiques, fait le forcing sur le jeu, et commercialisera dans quelques jours, un laptop haut de gamme.

Non, Microsoft n’abandonne pas la vente de hardware. Bien au contraire. Après les tablettes "Surface", sortira un notebook tactile haut de gamme dépourvu de toute vis apparente et doté d’un clavier en alcantara qui ne passera pas inaperçu. Et avec un nom facile à retenir: ‘Surface Laptop’.  Pas vraiment démocratique, mais puissant (processeurs Intel i5 ou i7), le nouveau Surface Laptop sera facturé de 1145 euros à 2499 euros selon les configurations (CPU et mémoire). Son autonomie annoncée, que notre test rapide n’a pas permis de vérifier, est de 14 heures. Pas vraiment un marché, mais une véritable niche dont se satisfait parfaitement Apple pour l'instant.

Sur le terrain de Apple

Comme nous l’a rappelé Patrick Viaene, responsable belge de la plateforme Windows, Microsoft se défend de concurrencer des 'partenaires' tels que Dell, Acer ou HP qui construisent la grande majorité des PC portables, mais veut proposer des tablettes – et désormais des laptops- haut de gamme en s’opposant directement à Apple. "Notre part de marché dans les tablettes est largement inférieur à 5% et ce sera la même chose pour le PC portable. Nous ne visons que le haut de gamme, les machines de plus de 800 euros". Il faut, aussi rassurer les autres constructeurs.

Le PC portable se porte mieux que la tablette

Cet attrait de Microsoft pour les portables peut s’expliquer par la récente évolution du marché.

Selon les derniers chiffres de GFK pour la Belgique, la baisse des ventes de portables dans notre pays était de 6,7% en 2016 et de 5% pour le premier trimestre 2017 (en unités). En valeur, en revanche, les prix sont à la hausse, puisque la croissance pour 2017 est de 1,6%.

La situation des tablettes est moins brillante. Les ventes (en volume) étaient en chute de 20% en 2016 et le sont encore de 10,4% pour le premier trimestre 2017. Et, financièrement, les résultats ne sont guère meilleurs puisque la chute des revenus était de 18% en 2016 et atteint encore 7,1% pour le premier trimestre 2017. Le choix du laptop est donc, peut-être une bonne solution.

Avec sa nouvelle version de Studio, Microsoft entend aussi s’ancrer dans le milieu des photographes et des architectes. Redmond veut encore mettre l’accent sur la " mixed reality " avec des casques bon marché (299 euros tout de même) qui ne nécessitent pas de capteur pour fonctionner. Il ne s’agit pas ici de réalité virtuelle, mais plutôt de réalité augmentée, consistant à ajouter des images au monde réel. Microsoft veut encore renforcer son image de spécialiste du gaming en approchant toujours davantage les mondes Windows 10 et Xbox. Un réel défi face à la PlayStation de Sony ou l’offre Nintendo.

Windows pour smartphone : "Ce n’est pas la fin"

Avec une part de marché inférieure à 1%, la version mobile de Windows 10 semble sous perfusion. Pourtant, Microsoft n’a pas jeté le gant, assure Patrick Viaene. "Même si la partie hardware est mise au frigo, des solutions pourraient réapparaître sous une autre forme." L’important, dit-on chez Microsoft, ce n’est pas les applications mobiles, mais Windows: " Nous devons convaincre les développeurs qu’en produisant des applications pour Windows 10, il est très facile, ensuite, de les intégrer dans les mobiles." Une stratégie, qui, à ce jour, ne semble pas vraiment suivie d’effet dans un univers mobile où les OS vedettes ne sont plus Windows, mais iOS et Android.

Windows et les ransomwares

"Difficile de ne pas être touché au niveau de l’image" reconnaît, Patrick Viaene à propos des cyberattaques mondiales qui se sont produites depuis vendredi dernier. Et dont la porte d'entrée était un brèche dans Windows. "Mais le marché est conscient que ce n’est pas notre faute. Les correctifs étaient disponibles depuis mars. Certaines entreprises ne les ont pas installés en voulant d’abord s’assurer que leurs logiciels n’entraient pas en conflit avec les nouveaux codes. Mais nous savons que ce n’est pratiquement jamais le cas." Un risque qui concerne moins les utilisateurs résidentiels, puisque Windows 10 permet de choisir la date de téléchargement d’une mise à jour, mais pas des correctifs de sécurité dont l’installation est automatique par défaut.

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