Menu Next Door ferme dans une économie collaborative qui peine à émerger

Menu Next Door ferme dans une économie collaborative qui peine à émerger
Menu Next Door ferme dans une économie collaborative qui peine à émerger - © Marco Verch

Les utilisateurs de Menu Next Door n'iront plus chercher de plats ou de menus concoctés par leurs voisins, la plateforme ferme ses portes aujourd'hui. La plateforme collaborative décollait a la verticale avec 50.000 plats vendus par 600 cuisiniers au moment de souffler sa première bougie, il n'y aura pas de troisième.

Son fondateur, l'ambitieux Nicolas Van Rymenant envisageait de s'implanter "dans toutes les grandes agglomérations du monde". La brève expérience à Londres et Paris, deux villes bien trop grandes pour la jeune pousse, résorbe cet excès d'ambition.

Depuis le 1er mars 2017, la loi De Croo fixant la taxe sur les revenus engendrés par l'économie collaborative apporte un certain soutien à ces entreprises naissantes, où l'argent, les services et les produits circulent de pair à pair. Taxé à hauteur de 33% sur ses revenus qu'il doit lui-même déclarer, le prestataire reçoit désormais ses revenus nets par la plateforme qui retient sa commission ainsi que la nouvelle taxe de seulement 10%.

Qui sont ces plateformes collaboratives ?

Dans les mois qui suivent la loi De Croo, les noms des 8 premières sociétés agréées à ce nouveau régime fiscal sont connus : Listminut, Pwiic ou encore Heetch en font partie. La palette de services est large, du jardinage aux cours particuliers en passant par la livraison de colis. Menu Next Door est la seule de ces sociétés inscrites au moniteur belge à subir pareil sort.

Pourtant, la plateforme de ventes de plats entre voisins compte parmi les plus importantes, ayant levé 1,75 millions de fonds pour soutenir son développement européen. Elle possède un jumeau flamand, Flavr, qui propose également aux voisins de cuisiner les uns pour les autres selon la même formule.

Bij les Herent propose simplement à ses utilisateurs de se mettre en contact pour donner ou recevoir des cours particulier, uniquement sur Herent. Bpost a même lancé sa propre plate-forme de livraison à domicile entre particulier, Bringr, se faisant ainsi sa propre concurrente.

Mais alors, pourquoi Menu Next Door s'est-elle cassée la figure ? Tout simplement parce que le soufflé est retombé, et que ses fondateurs y ont investi beaucoup, trop. Nicolas Van Rymenant ne se laisse pourtant pas démonter, et pense déjà à rebondir, à l'instar des cofondateurs de Take Eat Easy qui avaient connu le même sort après avoir tenté de s'implanter à travers l'Europe. Ces derniers se sont lancés dans la conception du "Cowboy", un vélo électrique peu coûteux.

Une activité secondaire

Ceux qui pensent trouver en l'économie collaborative une économie d'avenir, voire même une carrière, se trompent lourdement. Si la faible taxation peut faire miroiter des revenus mirobolants, il n'en est rien. Cette faible taxation a ses limites, et ces limites ont un nom : 5100 euros. C'est le montant maximal des revenus annuels autorisés au travailleur pour être taxé à seulement 10%.

En pratique, il est extrêmement compliqué d'avoir des revenus mensuels viables. Un journaliste du Trends en avait fait l'expérience, intitulée UberizeMe, multipliant l'utilisation de ces plateformes. Il peine finalement à toucher 2124 euros bruts pour 135 heures de prestation réelle, sans compter le temps qu'il a passé à rechercher ses missions. Il en conclut que vivre uniquement de l'économie collaborative est mission quasi-impossible.

Si cette dernière peine encore à émerger, les prétendants sont encore peu nombreux. Seules 33 sociétés participent aujourd'hui à l'économie collaborative selon la loi De Croo. Cette liste sera bientôt amputée d'une société qui a peu-être vu trop gros, mais qui comptait malgré tout de nombreux utilisateurs.

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