Mentir sur son CV: un coût pour les employeurs, un risque pour les candidats

"L’impact économique existe, soit le coût de la vérification, qui peut aujourd’hui être très lente et longue, ou le risque de ne pas faire cette vérification."
"L’impact économique existe, soit le coût de la vérification, qui peut aujourd’hui être très lente et longue, ou le risque de ne pas faire cette vérification." - © Tous droits réservés

Faux diplômes, durée de fonction rallongée, responsabilités exagérées, les lignes enjolivées, voire les mensonges... Les erreurs, les exagérations ou les mensonges sur les CV seraient devenus monnaie courante. Selon les estimations, 30 à 50% des curriculum vitae en comporteraient.

Imaginez un profil de carrière impressionnant : successivement pilote, médecin, avocat, le tout âgé d’à peine 19 ans, à grand renfort de faux diplômes de l’Université de Harvard, vous aurez peut-être reconnu le pitch et la bande-son de "Attrape-moi si tu peux", un film inspiré de la vie du faussaire Frank Abagnale Jr. On est loin d’un tel niveau de mensonge sur tous les CV qui comportent une part de faux.

Un coût de "100 millions par an" ?

D'ailleurs, certaines approximations ou enjolivements sont généralement tolérés, comme par exemple exagérer son niveau d’anglais. D'autres, par contre, risquent de faire perdre toute crédibilité et confiance vis-à-vis du recruteur et, surtout, cela coûte cher aux employeurs.

"L’impact économique existe, soit le coût de la vérification, qui peut aujourd’hui être très lente et longue, ou le risque de ne pas faire cette vérification", commente David Goldenberg, le cofondateur de CVTrust, une start-up belge qui propose une solution de plateforme pour garantir l’authenticité de diplômes et de certificats.

"On arrive à un coût économique pour le marché belge de plus de 100 millions d’euros par an pour les entreprises belges, qui est le coût estimé tant pour les gens que l’on a recrutés à tort et qui vont se faire licencier a posteriori, et on va ajouter à cela le coût simplement de la vérification."

D'autant que le phénomène des faux diplômes obtenus en quelques clics à peine sur Internet s’est considérablement développé depuis dix ans. Cela dit, attention avec ce chiffre de "100 millions d’euros", parce que l'on peut aussi estimer que la vérification d’un CV fait partie du coût du recrutement tout simplement.

Un mensonge sur le CV peut-il entraîner un licenciement ?

Mais peut-on peut se faire virer pour un mensonge sur un curriculum vitae ? Les risques sont très variables. Pour une certaine jurisprudence, gonfler un peu son CV ne peut pas être un motif de licenciement, mais de vrais gros mensonges peuvent parfois entraîner la nullité d’un contrat de travail. Et s’il y a usage de faux diplômes, alors le risque peut aller jusqu’à des poursuites pénales, comme par exemple pour les professions réglementées comme médecins, experts comptables ou avocats.

Pour les recruteurs, il n’y a pas de solution miracle, mais il y a des entreprises spécialisées dans la vérification de diplômes par croisement de bases de données ou comme ce que fait CVTrust, une solution de certification en amont sur une plateforme garantie sans trucages.

En France, de nombreuses universités utilisent déjà ce système sécurisé. C’est moins répandu en Belgique, peut-être parce qu’il faut déjà reconnaître que le problème existe. Or, quand on parle de mensonges sur un CV, il n’y a pas grand monde qui a intérêt à aborder le sujet, ni le candidat menteur ni les employeurs floués ou les universités lésées par des faux diplômes imités. Le problème, en fait, reste sensible.

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