Medi-Market, la success story de la parapharmacie à la belge

En Belgique, le marché de la vente des médicaments évolue plus rapidement que jamais, avec près de 200 acteurs : Newpharma, qui fête bientôt ses 10 ans, Farmaline, Pharma Expert... Mais dans l’antagonisme apparent entre les ventes en ligne sur Internet et les pharmacies physiques classiques, un acteur émerge : Medi-Market, qui rafle la mise avec ses magasins physiques.

Sorte de supermarché de la pharmacie et de la parapharmacie, le magasin se spécialise dans les soins qui ne demandent pas de prescription, comme les crèmes solaires, les nourritures pour bébé ou des soins du visage par exemple, et les médicaments non remboursés par la Sécurité sociale. Les enseignes poussent comme des champignons en Belgique depuis le tout premier magasin en 2014. "On avait dit qu’on aurait 20 magasins en 2020, on en aura déjà 27 à la fin de cette année-ci, se réjouit Yvan Verougstraete, patron de Medicare-Market. Si on continue à accélérer comme ça, c’est parce que la réponse du consommateur est là. On va donc continuer, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin."

Un pharmacien seul va avoir aujourd’hui de plus en plus de mal à travailler

Une ouverture à Ternat il y a une semaine et bientôt Drogenbos, Braine-l’Alleud et Marche-en-Famenne : Medicare-Market vise l’ouverture de 10 nouveaux sites en 2019. Le chiffre d’affaires de l'entreprise était en progression de 76% en 2017 et devrait atteindre cette année les 80 millions d’euros, dans un secteur où l’on sait que les médicaments sont plus chers en Belgique que chez nos voisins directs.

Medicare-Market se targue de proposer des prix 25 à 30% moins chers sur la parapharmacie et sur les médicaments non remboursés. "Je pense que le fait de se structurer en tant que groupes a plusieurs avantages et permet vraiment de rétrocéder une partie de ces avantages aux consommateurs, explique Yvan Verougstraete. Aujourd’hui, on augmente notre pouvoir de négociation et on fait diminuer le prix des médicaments à l’achat, et c’est ça qu’on peut rétrocéder en fin de chaîne. En se structurant et en s’améliorant au niveau opérationnel et au niveau achats, on arrive à faire la différence. Clairement, un pharmacien tout seul va avoir aujourd’hui de plus en plus de mal à le faire."

Le marché en ligne: 5% des ventes de médicaments en Belgique

Serait-ce alors la fin de la pharmacie de quartier ? Pas vraiment : le conseil, le suivi et l’accompagnement réalisés par le pharmacien sont toujours absolument indispensables aujourd’hui. C’est peut-être le statut des pharmaciens qui va évoluer de l’indépendant vers l’employé, et pourquoi pas même le franchiser à terme. Le nombre plutôt élevé de pharmacies en Belgique va peut-être diminuer dans les années qui viennent, car le marché évolue effectivement vite.

Les courbes de vente en ligne sont exponentielles, alors qu’acheter sur Internet des médicaments sous prescription est toujours interdit chez nous. Les ventes en ligne de médicaments sans prescription représentent 5% de tous les médicaments vendus en Belgique. Aux Pays-Bas et en Allemagne, c’est déjà entre 15 et 20%.

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