Martin Schulz: "La concurrence fiscale dans l'UE n'est plus tenable"

Martin Schulz: "La concurrence fiscale dans l'UE n'est plus tenable"
Martin Schulz: "La concurrence fiscale dans l'UE n'est plus tenable" - © Tous droits réservés

Le président du Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, était l'invité de Matin Première ce mercredi, alors que se tiendra dans la journée le sommet européen consacré notamment à la lutte contre l'évasion fiscale. Selon lui, la concurrence fiscale au sein de l'Union européenne est "condamnée".

Ce mercredi, les chefs d'Etat et de gouvernement européens se réunissent à Bruxelles pour un sommet autour de la double thématique énergie et la lutte contre l'évasion fiscale.

A propos de ce dernier thème, le président du Parlement européen, Martin Schulz (socialiste allemand) a estimé ce matin dans Matin première que la concurrence fiscale et l'évasion fiscale qui en découle, est "condamnée" en Europe.

"Il n'est plus tenable d’accepter" par exemple qu’en Grèce, d’'un côté, "on réduise les retraites, les salaires et le budget public" et que dans le même temps, "60 milliard d'euros aient été transférés de la Grèce vers la Suisse" en 2012 et 2013.

"On a besoin d 'une stratégie européenne contre l'évasion fiscale", en conclut Martin Schulz au micro de Bertrand Henne. Mais pour imposer des règles aux paradis fiscaux extra-européens, "il faut une crédibilité au sein de l’Union européenne". Car il n’est pas possible de faire pression sur les paradis fiscaux offshore tant qu’il au sein de l'UE des paradis fiscaux comme l’Autriche ou le Luxembourg. Mais selon l’élu européen, "la pression sur ces deux pays a considérablement grandit" depuis l’OffshoreLeaks.

"Disons que les escargots sont parfois dynamiques"

Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, a appelé les chefs d'Etat à "profiter de l'élan politique" suscité par les révélations de l'OffshoreLeaks sur les paradis fiscaux pour avancer sur ce dossier afin, notamment, de présenter un front européen uni lors du G8 début juin. Mais Martin Schulz est plutôt sarcastique à l'évocation d'une "dynamique nouvelle" sur ce dossier au sein du Conseil européen. 

"Je suis peu réticent à l'idée de parler de 'dynamique' concernant le Conseil européen", a expliqué avec diplomatie l'ancien bourgmestre de Würselen. "Dynamique" doit évoquer "quelque-chose qui bouge vraiment. Disons que les escargots sont parfois dynamiques", a-t-il ironisé.

Car si l’Europe "est en train de bouger" en matière de lutte contre l’évasion fiscale, le nouveau Président du Conseil italien, Enrico Letta, dénonçait récemment "une hypocrisie incroyable au niveau européen" sur ce sujet. Un constat que partage Martin Schulz. Il concède que l’on a longtemps critiqué les autres paradis fiscaux alors qu’au sein même de l’UE, "il y a une incohérence et une concurrence fiscale entre états membres, au détriment de la stabilité sociale".

L'hypocrisie consiste dans le fait d’affirmer d’un côté qu’il faut lutter contre l'évasion fiscale et de l'autre de permettre qu’il y ait une concurrence entre les systèmes fiscaux au sein de l’Union. "Ce n'est plus tenable", juge le chef de file des parlementaires européens.

"Ce sera certainement mon message aux chefs d'Etat" réunis en sommet ce mercredi, précise-t-il. Ajoutant qu’il mentionnera "les 1000 milliards qui échappent à la fiscalité des états membres de l'Union européenne" annuellement. "Imaginez-vous que l'on puisse consacrer 5% (de cette somme) à la lutte contre le chômage des jeunes...", a-t-il lancé en guise d'interpellation.

Julien Vlassenbroek (@julienvlass)

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