Mark Zuckerberg s'excuse officiellement pour ses "erreurs" devant le Sénat américain

C'est la première fois que le PDG de Facebook passait sur le grill des élus américains.
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C'est la première fois que le PDG de Facebook passait sur le grill des élus américains. - © ALEX BRANDON - AFP

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, s'est officiellement excusé devant le Sénat américain ce mardi soir, affirmant endosser personnellement la responsabilité des "erreurs" commises par le réseau social sur la protection des données et la manipulation politique.

"Il est évident aujourd'hui que nous n'avons pas fait assez pour empêcher ces outils d'être utilisés de façon malintentionnée (...). Nous n'avons pas pris une mesure assez large de nos responsabilités et c'était une grosse erreur. C'était mon erreur et je suis désolé", a-t-il dit, en pleine tourmente sur le scandale de fuite de données vers Cambridge Analytica.

"Cela prendra du temps pour mener à bien tous les changements nécessaires" pour limiter ces mauvais usages, a-t-il ajouté.

Le jeune milliardaire était entendu par les parlementaires au cours d'auditions qui ont commencé ce mardi soir et se poursuivront mercredi. C'est la première fois que le PDG de Facebook passait sur le grill des élus américains, très remontés contre Facebook, empêtré dans des polémiques à répétition qui ont pris une tournure retentissante mi-mars avec l'éclatement du scandale Cambridge Analytica.

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Ces auditions au Sénat et devant la Chambre des représentants visent à établir comment les données de dizaines de millions d'usagers de Facebook ont pu se retrouver entre les mains de Cambridge Analytica.

"Une course aux armements" avec la Russie

"La majorité de notre existence, nous nous sommes concentrés sur tout le bien que connecter les gens peut faire (...) Il est évident aujourd'hui que nous n'avons pas fait assez pour empêcher ces outils d'être utilisés de façon malintentionnée", a expliqué le jeune multimilliardaire, qui avait troqué son traditionnel t-shirt gris pour un costume sombre et une cravate bleu ciel.

Mark Zuckerberg a également annoncé que son entreprise "travaille" avec le procureur spécial Robert Mueller, chargé de l'enquête sur sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016.

À la question d'un sénateur sur le fait de savoir si lui même ou un responsable de Facebook avait ou allait être interrogé par Robert Mueller, Zuckerberg a répondu "je ne suis pas au courant d'une convocation mais je sais que nous travaillons avec eux".

Il a par ailleurs assuré que sa société était engagée dans "une course aux armements" contre "des gens en Russie dont le travail est de tenter d'exploiter nos systèmes et d'autres systèmes sur internet".

Facebook sera-t-il toujours gratuit ?

Interrogé sur le point de savoir si Facebook restera un service gratuit financé par la publicité, Mark Zuckerberg, visiblement assez tendu au cours de l'audition, a répondu par l'affirmative.

"Il y aura toujours une version de Facebook qui sera gratuite. C'est notre mission de connecter les gens partout dans le monde et de les rapprocher et pour ce faire nous estimons que nous devons apporter un service que tout le monde peut s'offrir", a-t-il dit.

Interrogé par un sénateur quant à savoir s'il estimait que Facebook, avec ses deux milliards d'utilisateurs, était dans une position de monopole, le PDG du réseau social a simplement répondu : "Je n'ai pas cette impression".

61.000 Belges concernés

Huit Belges auraient téléchargé l'application qui a permis à Cambridge Analytica de récupérer des données. Cette application a également été téléchargée à l'étranger par des utilisateurs qui ont pu avoir été en contact avec des usagers belges. Ces téléchargements ont entraîné un transfert de données appartenant à 60.957 Belges.

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