Marie-Kristine Vanbockestal (Forem) : "Je ne veux pas être catastrophiste pour 2021, on a une capacité à recréer de l'emploi"

La crise liée au coronavirus touche de plein fouet les travailleurs. Pertes d’emploi, fermetures de commerces, difficultés à rentrer sur le marché, aujourd’hui les problèmes s’accumulent tant pour les personnes en recherche de travail que pour celles qui débarquent sur le marché de l’emploi.

Après sept ans de conjoncture favorable, l’activité économique est au ralenti, les demandes d’emploi sont à la hausse de 3% par rapport à 2019. Le chômage des jeunes a quant à lui grimpé de 5,6% en un an. "Les jeunes sont un peu la variable d’ajustement du marché de l’emploi parce que de plus en plus ils sont recrutés par contrat d’intérim. Et lorsque l’économie se rétracte, évidemment, ce sont les contrats d’intérim qu’on ne renouvelle pas", analyse Marie-Kristine Vanbockestael, administratrice générale du Forem.


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Mais les chômeurs sont loin d’être seulement des jeunes en cette période de pandémie. Sur les dix mois durant lesquels l’économie a été chamboulée en raison du Covid-19, 90.000 personnes qui avaient une longue période de travail derrière elles ont débarqué sur le marché de l’emploi.

Certains secteurs restent performants

À côté de ces constats qui peuvent alarmer, la directrice du Forem évoque un "marché de l’emploi assez atypique", avec notamment plusieurs secteurs qui au lieu de subir un impact négatif à cause de la crise que nous traversons se retrouvent aujourd’hui dans une situation de performance grâce à cette même crise. "Je vais mettre de côté le secteur des soins de santé parce que c’est une évidence qu’on recrute des infirmiers, des aides soignants. Vous avez aussi tout le biopharma qui explose, tout le secteur du transport de bien et de la logistique", insiste-t-elle.

Mais ces secteurs sont parfois délaissés malgré les opportunités d’emploi qui y résident. Tout cela à cause de stéréotypes qui persistent depuis de nombreuses années. "Il faut continuer, à expliquer, sensibiliser, les métiers évoluent", insiste Marie-Kristine Vanbockestael. En bref, certains métiers ont mauvaise réputation, à tort, étant donné leurs récentes évolutions et c’est aussi à cela que le Forem sert : informer les Belges sur les opportunités et les conditions réelles d’un métier.


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Le Forem aussi pour les indépendants

Parmi les nouveaux arrivants sur le marché de l’emploi, on retrouve aussi de nombreux travailleurs de l’Horeca, peu épargnés par les mesures sanitaires en vigueur chez nous, tout comme des commerçants ou des personnes actives dans l’événementiel.

Mais la dirigeante du Forem déplore le peu de ces personnes qui se tournent vers le service public, qui peut aussi leur apporter un soutien dans les tumultes de leur carrière professionnelle dus à la crise. "Aujourd’hui, le monde change tellement et on peut être un jour salarié un jour indépendant, on a vu pendant la crise beaucoup de créations d’entreprises. Tout ça se mélange un peu et le Forem est à la disposition de tous les travailleurs quel que soit leur statut", rassure l’administratrice générale.

D’autant que le Forem craint que le marché de l’emploi stagne dans les années à venir car il s’agit d’une situation inédite, différente des grandes périodes de licenciements que la Belgique a connues par le passé. D’autant que, les indépendants étant exclus des calculs du service public, il se pourrait que leur détresse ne transparaisse dans aucun décompte.


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"Il faudra voir dans les secteurs qui performent, est-ce qu’ils vont pouvoir compenser", indique Marie-Kristine Vanbockestael. "Je ne veux pas être catastrophiste pour l’année 2021, on a une capacité à recréer de l’emploi."

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