Marianne Streel (FWA) : "C’est catastrophique lorsque des végétaux restent sous eau dans des zones inondées"

Interrogée sur La Première, la présidente de la Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA) Marianne Streel évoque la façon dont les agriculteurs ont aidé la population sinistrée par les inondations en mobilisant leurs tracteurs, leurs citernes et autres matériels agricoles : "C’est quelque chose qui s’est toujours fait. Nous sommes comme le reste de la population, nous sommes très émus et nous voulons vraiment être solidaires vis-à-vis des familles qui vivent des drames humains et matériels. On ne peut pas rester sans rien faire et on a la chance d’avoir du matériel qui peut aider à vider les caves et à placer du sable afin de limiter les dégâts".

Les fortes pluies ont un "impact important" sur les terres agricoles : "Nous avons eu depuis le début du printemps du gel tardif, de la neige, du froid pendant tout le mois de mai, des coulées de boue en juin et maintenant les grandes inondations. Mais la priorité c’est de se préoccuper de nos animaux. Les vaches étaient dans les prairies et il fallait les mettre à l’abri" de la montée des eaux. De plus, ceux qui ont des bâtiments d’élevage inondés doivent trouver des alternatives. La législation est compliquée : "On ne peut pas déposer son bétail dans la ferme de son voisin".

"La qualité est tout aussi importante que la quantité"

Les pertes sont très difficiles à évaluer, poursuit-elle : "C’est catastrophique lorsque des végétaux restent sous eau dans des zones inondées. Il faudra voir aussi l’évolution de la météo dans les prochains jours. Il faut que les sols dégorgent d’eau afin de pouvoir retourner avec notre matériel sur un sol porteur sans s’enfoncer. Concernant les blés versés ou sous eau, il y aura des pertes mais aussi, dans les zones un peu moins touchées, des pertes de qualité. La qualité est tout aussi importante que la quantité. On a des risques de mycotoxines (champignons), trop de chaleur n’est pas bon non plus. Il faudra voir aussi si les grains ne vont pas commencer à germer sur pied. Pour les foins il faudra voir si on pourra récolter l’herbe mais là aussi il y aura des pertes de qualité. Le maraîchage sera aussi catastrophique : j’ai vu des salades qui flottaient dans des champs. Ce sont des événements météorologiques vraiment exceptionnels".

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