Les marchés financiers se redressent, après l'intervention de la BCE

Illustration : la bourse de Hong Kong
Illustration : la bourse de Hong Kong - © AFP /MIKE CLARKE

Les marchés financiers ont connu un répit sensible ce mardi en fin d'après-midi. Faute d'accord trouvé à Bruxelles sur la Grèce, les bourses avaient chuté en matinée, dans un climat généralisé de méfiance envers la zone euro. A Bruxelles, le BEL 20 a débuté dans le rouge.

La déclaration de lundi des ministres des Finances des 17 pays de la zone euro, précisant leur intention de prendre des mesures pour empêcher un accroissement de la crise de la dette à tous les pays de la zone, n'a pas convaincu les investisseurs.

Mardi matin, après la sévère chute de la veille, les bourses européennes ont toutes perdu au moins 2% dès leur ouverture. Vers 10H00, l'Italie, la plus attaquée sur le front obligataire avec des taux qui sont montés en flèche, était en tête des pertes cédant plus de 4%. Lisbonne et Madrid abandonnaient respectivement 4% et 3,5%, Francfort cédait 2,75%, Londres près de 2% et Paris plus de 2%.

A Bruxelles, Ageas et Dexia ont perdu jusqu'à 22 et 18% à leurs plus-bas du jour par rapport à leurs cours de vendredi avant de se ressaisir quelque peu. Un incident technique a empêché le calcul des indices pendant 3 heures. A 10 heures, le BEL 20 chutait de 2,61% à 2401 points, écart identique à la clôture de la veille. 

Les banques avaient été malmenées dès l'ouverture mardi, Ageas perdant jusqu'à plus de 13% avant de ramener sa perte à 4,5% vers onze heures au cours de 1,49 euro. KBC (22,95) et Dexia (1,80) ne perdant plus alors que 3,5 et 2%.

L'euro s'inscrivait à 1,3860 USD dans la matinée de mardi, contre 1,4013 la veille vers 16H30.

L'once d'or cédait 7,75 dollars à 1548,25 dollars et le lingot se négociait autour de 35 910 euros, en progrès de 215 euros.

La Bourse de Bruxelles avait déjà connu une journée difficile lundi, à l'instar des autres marchés financiers européens. Le BEL 20 avait perdu 2,61% au cours de cette journée.

Répit sur les marchés dans l'après-midi

Après un lundi noir et une matinée très difficile, les marchés financiers se sont redressés dans l’après-midi profitant de plusieurs interventions de responsables politiques et de celle, sur le terrain, de la Banque Centrale Européenne (BCE).

Comme elle l'a déjà fait par le passé, l'institution de Francfort a acheté, selon des sources de marché, d'importantes quantités d'obligations espagnoles et italiennes pour pallier les ventes massives des investisseurs.

"Les autorités européennes ont pris conscience du risque et ont décidé d'agir. Il était temps!", a souligné Laurent Geronimi, directeur de la gestion des taux chez Swiss Life Gestion Privée.

Autre élément qui a calmé les marchés, l'annonce très probable d'un sommet de la zone euro en fin de semaine pour juguler la crise et ses risques de contagion à deux poids-lourds de l'Europe, Italie et l'Espagne, ce qui sonnerait le glas de l'Union monétaire.

Le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, a appelé mardi à l'unité des Italiens dans une période "certainement pas facile" pour le pays en raison des craintes de contagion de la crise de la dette.

De son côté le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a voulu rassurer sur les capacités de l'Espagne à se financer indiquant que "le plan de financement (de sa dette) est totalement garanti".

Sur le terrain, les Bourses européennes se redressaient ou du moins réussissaient à limiter leurs pertes. Vers 15H50 à Paris le CAC 40 cédait encore 1,30% mais nettement moins qu'en début de matinée.

Même évolution à Londres qui ne perdait plus que 0,88%. Madrid cédait 0,91% après des pertes beaucoup plus importantes dans la matinée. Francfort restait encore nettement dans le rouge (-2,08%). En revanche Milan réussissait à se hisser dans le vert (+0,51%).

Humeur moins noire à Wall Street

De l'autre côté de l'Atlantique l'humeur était moins noire également, le Dow Jones hésitant autour de l'équilibre après son net repli de la veille.

Sur le front obligataire, le répit était également sensible notamment sur les taux italiens et espagnols sur dix ans qui refluaient sous les 6%.

Dès la fin de la matinée les taux en zone euro ont commencé à refluer, les investisseurs se montrant rassurés par des nouvelles laissant penser que les responsables européens vont enfin s'attaquer au problème de la dette.

"Ca s'est calmé, même si ça peut parfaitement être temporaire", a souligné Patrick Jacq, stratégiste obligataire chez BNP Paribas. Ce retournement s'explique par "des commentaires et annonces un peu plus constructives qui font qu'on est revenu du point d'hystérie", note Patrick Jacq.

A.L. avec AFP et Belga

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK