Marché immobilier : quels sont les biens qui sont les plus demandés?

Les agents immobiliers et les notaires se demandent comment va se passer leur rentrée.  L'immobilier est en pleine relance. Le mois de juin et encore un petit peu le mois de juillet ont été particulièrement intenses sur ce marché. Non seulement le nombre de ventes immobilières a retrouvé son niveau normal après une grosse chute des ventes pendant le confinement, mais on a même dépassé les chiffres du début de l'année. Cela veut dire qu'on a vendu plus de biens immobiliers qu'avant la crise.

En juin, les ventes immobilières ont fait plus 12 % en Wallonie par rapport à la même période (juin 2019), plus 6 % à Bruxelles, et plus 7 % en Flandre. Le notaire Renaud Grégoire l'a bien vu dans sa pratique quotidienne, il a conclu beaucoup de ventes ces dernières semaines. Pour lui, c'est clair qu'il y a eu un effet rattrapage avec le déconfinement : "Ce sont soit les personnes qui avaient initié un mouvement d'achat d'un immeuble par exemple avant la crise sanitaire, soit des personnes qui, pendant la crise, pour différentes raisons familiales, ont souhaité par exemple acheter un bien ou mettre sur le marché un bien qu'ils avaient".

La demande est donc en augmentation et, en même temps, il n'y a pas tellement plus d'offres, même parfois un peu moins de la part des vendeurs et propriétaires, qui attendent de voir comment va évoluer cette crise pour mettre leurs biens en vente. Une demande qui augmente et un peu moins d'offres : cela fait un marché très tendu.


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Cela fait augmenter les prix. Si on regarde les chiffres de la Fédération des notaires pour la première moitié de l'année, c'est clair que les prix augmentent : plus 6 % pour un appartement par rapport à l'année dernière, plus 2 % pour une maison. Mais il faut bien voir que c'était déjà le cas avant le début de la crise. Ces chiffres sont donc ceux du premier semestre 2020 qui incluent les mois de janvier et de février. Et, pendant ces deux mois-là, les chiffres étaient déjà en hausse. Donc à ce stade, on n'a pas encore assez de recul pour identifier clairement un effet Covid sur les prix. La cause de cette tendance n'est pas encore très claire, mais il est clair que les prix augmentent.

Et l'avenir?

En général, l'immobilier suit très fort le reste de l'économie réelle. De plus, il faut bien faire la part des choses entre les profils de vendeurs.  Il y a les particuliers qui s'achètent une maison ou un appartement tout simplement pour y vivre et c'est cela qui a eu beaucoup de succès. Ce sont ceux qui se sont rués sur les annonces au mois de juin au moment du confinement. Et puis il y a les investisseurs qui achètent pour placer leur argent. Et cette catégorie-là est un peu plus frileuse. Ils attendent de voir l'évolution de la crise et du confinement. Et cela dépend aussi du type de bien dont on parle. Pour le notaire Renaud Grégoire, la crise a vraiment clivé les choses : "Les biens qui ont un peu d'intérêt sont très demandés et ceux qui n'en ont pas beaucoup vont être beaucoup moins encore demandés qu'avant. Aujourd'hui les gens ont un sens de l'exigence de plus en plus prononcé. Ils savent ce qu'ils veulent et pour cela il va falloir mettre la main au portefeuille de façon assez sérieuse. Et puis il y a d'autres biens qui vont malheureusement rester sur le carreau, parce qu'ils ne sont pas dans la bonne rue ou parce qu'ils ne correspondent pas au goût du moment. Donc la demande reste quand même soutenue globalement à l'ensemble du marché".

Vraisemblablement on ne va pas vers une accalmie sur le marché immobilier. De là à dire que les prix vont continuer d'augmenter, c'est difficile à évaluer alors qu'on est maintenant au creux de la vague de l'été. Il faudra voir comment se passe la rentrée, si cette euphorie du mois de juin se prolonge en septembre.

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