Michael Trabbia, patron d'Orange : "avec les normes actuelles il est impossible de déployer la 5G à Bruxelles"

Marc Trabbia, patron d'Orange : "avec les normes actuelles il est impossible de déployer la 5G à Bruxelles"
Marc Trabbia, patron d'Orange : "avec les normes actuelles il est impossible de déployer la 5G à Bruxelles" - © Tous droits réservés

Michael Trabbia, patron d’Orange, un des trois opérateurs télécom de Belgique était notre invité, l’occasion de faire le point sur les transformations qui sont en cours dans le secteur des Télécoms et notamment en Belgique et surtout pour commencer de savoir si on paye trop cher notre internet en Belgique?

"Je crois que la dessus il n’y a pas beaucoup de mystère, toutes les études le disent, l’IBPT, le régulateur du secteur, l’affirme régulièrement, on paye trop cher notre internet en Belgique… et c’est un problème de concurrence sur le prix de l’internet et de la télé. On en est arrivé là, tout simplement parce que le client a été prisonnier d'un duopole, il n’avait pas le choix. On a augmenté les prix tous les 12 à 18 mois sans lui en donner davantage et on s’est retrouvé avec un écart qui aujourd’hui devient tellement gros qu’il fallait agir. Et c’est, je crois, ce que le régulateur a voulu faire ".

Quand Proximus et Telenet fixent les prix

Quand il n’y a que deux acteurs sur un marché, il a forcément une dynamique de prix qui est plus une dynamique de monopole. on va davantage se demander combien le client accepte de payer, jusqu’où est-il prêt à aller et pas finalement quel est le prix pour produire ce service avec un marge raisonnable.

Chez Orange, nous avons refusé de nous aligner sur ces factures et sur ces pratiques d’augmentation de prix. Lorsque nous sommes arrivé sur le câble, le régulateur nous a ouvert l’accès au câble. Sans cela on n’aurait pas pu proposer nos services ".

Les conséquences de l'arrivée d'un quatrième opérateur

Pour l’internet et la TV, là oui, on paye trop cher et on a vraiment besoin de concurrence, il n’y avait que deux acteurs et notre entrée a commencé à faire bouger les lignes, et encore une fois, nous on a refusé d’entrer dans la logique d’augmentation des prix. Plus de concurrence oui, et un quatrième opérateur oui, un cinquième oui, un sixième oui, ils y sont… on a aujourd’hui des opérateurs virtuels qui proposent leurs services et on les accueillent sur notre réseau bien volontiers, le régulateur le dit d’ailleurs. Il n’y a pas de problème concurrentiel majeur sur le mobile, puisqu’il y a un accès qui est ouvert à tous les opérateurs qui le souhaitent ce qui n’est pas le cas du temps du téléphone fixe ".

Un nouvel opérateur, danger pour l’emploi?

Il n’y a pas de problème pour avoir plus d’opérateurs, plus de concurrence. Je suis un partisan de la concurrence. En revanche, le problème, c’est le déploiement d'un quatrième réseau. L’argent des belges finance maintenant trois réseaux, le problème serait, avec le même argent, de financer un quatrième réseau et là ça marchera plus ".

L’arrivée de la 5G à Bruxelles, pourquoi ça coince ?

" Il faut qu’on arrive à se mettre d’accord car avec les normes actuelles il est impossible de déployer la 5G à Bruxelles. Les normes actuelles ne sont pas adaptées à la 5G, tout le monde en prend conscience. Nous avons signé un accord avec tous les opérateurs  et le gouvernement bruxellois pour revoir ce sujet et permettre, je le souhaite, le déploiement de la 5G à Bruxelles. Il faut se dépêcher car l’arrivée de la 5G, c’est à partir de 2020, et il faut de 12 à 24 mois pour déployer un site. Donc au plus tard, début 2019, on doit être au clair sur ce sujet ".

Je crois que malgré les élections qui arrivent, les politiques ont compris les enjeux. Nos réseaux doivent absolument grandir, un chiffre pour prouver cela: sur les 6 premiers mois de l’année, la consommation moyenne de nos clients a augmenté de 46%. Un client de Orange consomme maintenant 2,6 Giga octet par mois. Cette croissance est phénoménale, il faut pouvoir suivre et déployer de nouvelles fréquences. Et pour cela nous avons besoin de normes plus adaptées ".

Orange va-t-il s’inviter dans la saga Nethys?

On a indiqué notre intérêt avec une logique industrielle derrière, pas une logique financière, car on voit partout qu’un rapprochement entre opérateurs mobiles et fixes est intéressant, prenez l’exemple des pack (internet, télé, mobile). On est donc plus fort en rapprochant un opérateur fixe et un opérateur mobile ".

Bientôt un partenariat avec Voo, filiale de Nethys?

Aujourd’hui le dossier est au frigidaire, on verra ce qui se passera après les élections. Il y a aussi un calendrier politique dont il faut tenir compte dans ce dossier. Il est normal que les Liégeois qui ont été à l’origine de cette entreprise, soient attentifs à son évolution et au maintien de l’emploi, cela me parait normal. Nous pensons pouvoir proposer une solution gagnant-gagnant, qui permette à VOO de préparer l’avenir. Nous serons plus fort à deux".