Malgré une consommation en baisse, il y a de plus en plus de brasseries en Belgique

Malgré une consommation en baisse, il y a de plus en plus de brasseries en Belgique
Malgré une consommation en baisse, il y a de plus en plus de brasseries en Belgique - © MICHEL KRAKOWSKI - BELGA

En 5 ans le nombre de brasseries a quasiment doublé en Belgique. Fin 2015, les statistiques du SPF Economie indiquent qu’il existait 296 brasseries et sociétés brassicoles (qui ne brassent pas elles-mêmes mais commercialisent des bières à façon produites par d’autres). Cinq ans plus tôt, elles n’étaient que 159, soit une progression de 86%.

Le succès des bières artisanales n’est pas étranger à ce phénomène. Le public belge consomme de moins en moins de bière, mais diversifie de plus en plus sa consommation.

 

2010

2015

Evolution, 2010-2015

Belgique

159

296

+ 86%

Flandre

98

185

+89%

Wallonie

49

100

+94%

Bruxelles

10

10

=

En se détournant des pils, en majeure partie produite par les brasseries industrielles, pour s’intéresser aux spéciales, le consommateur a découvert les bières artisanales, souvent plus fortes et consommées en moindre quantité.

La bière un produit d'exportation

L’année dernière, les Belges ont consommé un peu moins de 8 millions d’hectolitres. En 2010, leur consommation était encore de 8,5 millions d’hectolitres. Et pourtant, pendant ce temps, la production n’a cessé d’augmenter : de 18 millions d’hectolitres en 2010 on est passé à 20 millions d’hectolitres en 2015. Cela est dû au fait que les étrangers sont attirés par les bières belges : 66% de la production de bière part à l’exportation. 

Car la vogue de la bière artisanale n’est pas que belge. Ailleurs aussi, les amateurs cherchent de plus en plus le goût authentique, l’originalité. Les bières de caractère qui sont plus l’apanage des brasseurs artisanaux.

La croissance vertigineuse des brasseurs artisanaux américains

L’explosion de la brasserie artisanale est globale : l’Italie est devenue un des premiers pays dans le domaine, bousculant les clichés liés à un pays de vin.

Pareil aux Etats-Unis depuis une vingtaine d’années : là aussi, la consommation est en baisse constante et pourtant le nombre de brasseurs, des “petits” à l’échelle américaine mais qui ont la taille de “grands” ou de “moyens” en Europe, et puis des vrais "petits". Il y en a de plus en plus : ils étaient 1176 en 2011, suite à la crise financière, pour être 4225 fin 2015 et 4656 fin juin 2016! Ils sont sans doute près de 4800 aujourd’hui et selon l’American Brewers Association, 2200 nouvelles autres brasseries sont attendues dans les mois qui viennent.

De tels chiffres donnent le tournis, d’autant qu’avec une consommation en baisse, tous ne survivront pas. Certains l’ont bien compris et ont pris des mesures drastiques de réduction des coûts. Le principal brasseur artisanal américain, 10ème en taille sur le marché US, Stone Brewing, qui a ouvert cette année un site de production sur la côte est, en Virginie, et une autre en Europe à Berlin, a annoncé qu’il dégraissait : il va se séparer de 5% de son personnel, soit au moins 60 personnes. Raison avancée: résister à la concurrence des autres brasseurs artisanaux qui cassent les prix mais aussi à la réplique des brasseries industrielles qui se mettent tout doucement à produire des bières spéciales parfois aux allures de bières artisanales.

En économie, cela s'appelle la surcapacité, un danger qui existe donc aussi dans ce secteur particulier de l'économie qu'est la brasserie artisanale.

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