Malgré le ralentissement de la croissance économique, le luxe garde la côte

De plus en plus de marques de luxe, à l’image de Louis Vuitton, Ferrari ou Hermès sont cotées en Bourse. Mais font-elles mieux que les grands indices boursiers classiques comme le CAC 40 en France ou le DAX en Allemagne ?

Pour Yingying Wu, analyste financière pour la société DNCA Finance, la réponse est oui. "En général, le secteur du luxe surperforme par rapport à l’indice CAC 40 ou l’indice européen. Pourquoi ? Parce que les fondamentaux très solides", explique-t-il.

Parmi ces fondamentaux, il y a d’abord l’appétence des classes moyennes chinoises pour les produits de luxe comme les cosmétiques ou les bagages. La Chine représente un tiers du marché mondial des produits de luxe, mais deux tiers de la croissance annuelle, grâce en particulier aux millennials, ces gens qui sont nés entre 1980 et 2000.

Désirabilité

"Ces jeunes générations ont beaucoup moins de soucis économiques par rapport à leurs parents", précise Yingying Wu. "Ils ont donc plus envie de dépenser et de consommer et ils apprécient plus les produits premium. C’est le cas pour les objets de luxe et pour les cosmétiques. Ces relais de croissance boostent la croissance du secteur du luxe".

Les produits de luxe ont donc la cote, malgré le ralentissement de la croissance économique un peu partout dans le monde et le ralentissement de la conjoncture économique semble bien épargner le secteur du luxe.

Toutefois, et c’est un constat d’Adrien Bommelaer, gérant de fonds à La Financière de l’Échiquier à Paris, il y a eu des inquiétudes dès le mois de septembre avec la situation qui se dégrade à Hong Kong. "Simplement parce que les gens ne faisaient plus leurs courses et ça a beaucoup inquiété les gens, puisque la plupart des valeurs du luxe génèrent à peu près 7% du chiffre d’affaires venant de Hong Kong".

Cette baisse des ventes à Hong Kong a été globalement compensée par une hausse des ventes en Chine continentale et ailleurs dans le monde. Car la force des grandes marques comme Hermès ou Louis Vuitton, c’est justement d’être capable de croître sur tous les grands marchés du monde, et pas seulement dans telle ou telle zone.

Certains segments ou sociétés sont d’ailleurs privilégiés par les investisseurs comme l’action Hermès qui s’échange à 45 fois ses bénéfices estimés pour 2009. Le fameux rapport cours-bénéfice est extrêmement élevé et cher.

Le secret, c’est la désirabilité comme l’explique Adrien Bommelaer. "La grande bifurcation dans le luxe est finalement entre les marques à forte désirabilité et celles à moindre désirabilité. Dans les marques à forte désirabilité, je mets évidemment les sociétés comme Hermès, LVMH ou Kering avec Gucci, qui ont des marques extrêmement fortes qui sont d’ailleurs souvent dans le top 100 des marques mondiales, avec des produits que les gens désirent vraiment".

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