Malgré la hausse du pouvoir d'achat, les Belges ont peu consommé en 2018

Les dépenses de consommation des Belges ont été un peu faiblardes en 2018: 0,8% de plus qu'en 2017. C'est une progression faible si l'on considère que des dizaines de milliers d'emplois ont été créés l'année passée et que notre pouvoir d'achat a augmenté sensiblement. Ces facteurs auraient dû booster la consommation des ménages.

L'effet a pourtant été limité, et à ce stade, reconnaît Vincent Bodart, directeur du service d'analyse économique de l'IRES à l'UCL, on n'a pas vraiment d'explication définitive : "L'hypothèse que nous émettons, c'est qu'éventuellement les ménages ont tiré parti de l'amélioration de la situation conjoncturelle pour augmenter leur épargne de manière à pouvoir financer des dépenses plus importantes, notamment tout ce qui concerne le logement. Donc, il aurait pu y avoir une forme de substitution entre les dépenses de consommation et les dépenses d'investissement".

Le taux d'épargne des ménages est passé de 11,7% du revenu disponible en 2017 à 12,2% en 2018. Ce n'est pas négligeable comme évolution.

"La confiance des ménages a eu tendance à s'éroder"

Pour l'année 2019, le scénario que privilégie l'IRES est une hausse importante du pouvoir d'achat en 2019, qui entraîne certes une hausse un peu plus forte qu'en 2018 de la consommation des ménages, mais aussi une hausse du taux d'épargne des ménages, que Vincent Bodart explique de cette manière : "Ce qu'on a pu constater quand même ces derniers temps, c'est que la confiance des ménages a eu tendance à s'éroder. Par conséquent, dans un contexte où les ménages ont une vision un peu moins optimiste du futur, on peut éventuellement se dire qu'ils vont en profiter pour dégager une épargne de précaution".

Les dépenses de consommation finale des ménages, c'est tout de même plus de 220 milliards d'euros sur un an. Pour donner une petite comparaison, le PIB (produit intérieur brut) c'est plus de 400 milliards d'euros. Donc, la consommation des ménages est un moteur important de la croissance économique. Les autres moteurs classiques, ce sont notamment les investissements des entreprises — hausse modérée attendue pour cette année — et les exportations — hausse modérée aussi attendue cette année — dans un contexte conjoncturel global qui se dégrade, notamment dans la zone euro, mais aussi aux États-Unis et en Chine.

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